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OpenAI accélère le déploiement international de son activité publicitaire sur ChatGPT en recrutant un responsable régional pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) et neuf autres collaborateurs répartis entre Paris, Munich, Dublin et Singapour, comme le note Digiday.

Le poste de responsable régional exige 15 ans d’expérience dans la publicité, les médias ou la technologie, un profil qui traduit l’ambition d’OpenAI de structurer sérieusement cette activité naissante. Les six autres postes basés à Paris, Munich et Dublin couvrent des fonctions de « client partner » et de « customer success manager », tandis que trois postes similaires seront créés à Singapour. Cette vague de recrutements porte à dix le nombre de marchés couverts par le marché publicitaire d’OpenAI à l’échelle mondiale.
Le calendrier de déploiement révèle une montée en puissance progressive depuis le début de l’année. OpenAI a lancé ses publicités sur ChatGPT aux États-Unis en février, avant de l’étendre au Canada, à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande en mars. Le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud, le Mexique et le Brésil ont suivi en juin. La France, l’Allemagne, l’Irlande et Singapour vont prochainement rejoindre cette liste.
Le choix de ces pays européens n’a rien d’anodin. Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont représenté à eux seuls 62 % des revenus publicitaires numériques européens en 2025, ce qui en fait des cibles prioritaires pour toute entreprise cherchant à monétiser un service numérique sur le continent. Les annonceurs pourront acheter des espaces publicitaires via des représentants directs d’OpenAI, des partenaires en agences et adtech, ou encore via un gestionnaire de publicité en libre-service actuellement en version bêta.
Cette expansion répond à un impératif économique pour OpenAI. Les modèles de langage qui font tourner ChatGPT engendrent des coûts d’infrastructure considérables et la publicité constitue désormais l’un des leviers pour financer cette charge. Les pubs s’affichent pour l’instant auprès des utilisateurs gratuits ainsi que ceux abonnés au forfait Go, laissant les abonnés Plus et Pro à l’écart de ce dispositif.
OpenAI reste toutefois prudent sur l’ampleur de cette monétisation. L’entreprise sollicite encore des budgets de test auprès des annonceurs plutôt que de viser des revenus massifs, ce qui suggère une phase d’apprentissage avant un déploiement à plus grande échelle. Cette stratégie place OpenAI dans une position délicate face au paysage réglementaire européen, marqué par le RGPD et le Digital Markets Act, ainsi que face à une sensibilité croissante des consommateurs à la publicité ciblée.
L’offensive pourrait également redessiner les rapports de force dans la publicité en ligne, où Google reste dominant, tout en incitant des concurrents comme Google avec Gemini ou Microsoft avec Copilot à envisager des modèles économiques similaires. Pour sa part, Anthropic a assuré que son chatbot Claude n’aura pas de publicités.
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10 Jul. 2026 • 20:28
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