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Le commissaire européen à la protection des consommateurs Michael McGrath a fermé la porte à toute législation empêchant les éditeurs de jeux vidéo d’abandonner les supports physiques. Cela intervient après l’annonce de PlayStation qui va arrêter les jeux sur disques dès 2028.

Sollicité par 45 députés européens qui avaient interpellé la Commission européenne le mois dernier, Michael McGrath a justifié cette position par un principe juridique clair. Il a déclaré que « cela relève des libertés commerciales et contractuelles, et les entreprises sont libres de proposer des jeux et des services de la manière qu’elles jugent appropriée, à condition que les droits des consommateurs soient pleinement protégés conformément au droit national et européen ».
Plutôt qu’une loi contraignante, la Commission européenne privilégie l’élaboration d’un code de conduite portant sur la fin de vie des jeux vidéo, une approche non obligatoire qui laisse aux éditeurs une large marge de manœuvre sur la gestion de leurs serveurs et de leurs catalogues.
Cette décision intervient à un moment charnière pour l’industrie du jeu vidéo. GTA 6, l’un des jeux les plus attendus, sortira le 19 novembre exclusivement en version dématérialisée, sans aucune déclinaison physique (la version boîte comprend seulement un code de téléchargement). Sony a de son côté annoncé l’arrêt complet des disques physiques pour ses jeux PlayStation à partir de janvier 2028, actant définitivement ce basculement vers la dématérialisation.
Les joueurs redoutent plusieurs conséquences directes de cette évolution. L’impossibilité de revendre ou de partager un jeu acheté figure parmi les préoccupations les plus fréquemment évoquées, tout comme le risque de voir des titres devenir inaccessibles si les serveurs hébergeant les données venaient à être fermés par Sony ou Microsoft pour ce qui est de Xbox. Cette crainte rappelle les débats qui avaient accompagné la transition du support physique vers le streaming dans d’autres secteurs culturels.
Le mouvement Stop Killing Games milite depuis plusieurs mois pour obtenir une intervention réglementaire capable d’empêcher les éditeurs de désactiver unilatéralement des jeux fonctionnant en ligne. Cette mobilisation avait notamment convaincu 45 eurodéputés de saisir directement la Commission européenne sur ce dossier.
Les arguments avancés par la Commission européenne reposent néanmoins sur des bases solides, tant sur le plan juridique que sur celui des coûts de production. L’avenir de la propriété numérique des jeux vidéo dépendra désormais largement de la capacité des joueurs à faire évoluer les pratiques commerciales des groupes comme Sony et Microsoft par d’autres moyens que la contrainte légale. Tout cela arrive dans un contexte où la question de la préservation du patrimoine vidéoludique pourrait progressivement s’imposer comme un enjeu culturel à part entière.
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10 Jul. 2026 • 20:28