DeepL, le concurrent de Google Traduction, va supprimer environ 250 postes, soit un quart de ses effectifs. Le groupe ne présente pas cette décision comme un simple plan de réduction des coûts, mais comme une refonte complète de son fonctionnement pour miser davantage sur l’intelligence artificielle.

L’idée défendue sur LinkedIn par son fondateur Jarek Kutylowski est claire. Selon lui, l’intelligence artificielle permet désormais à des équipes beaucoup plus réduites de produire ce qui exigeait auparavant des groupes entiers, ce qui pousse DeepL à revoir en profondeur sa structure interne.
DeepL veut des équipes plus petites
La réorganisation doit d’abord changer la taille et le rythme de l’entreprise. DeepL veut des équipes plus resserrées, plus performantes et capables de décider plus vite, avec moins de niveaux hiérarchiques et moins d’allers-retours internes.
Dans ce modèle, l’IA doit gérer les tâches routinières. Les salariés restants sont censés se concentrer sur ce que le groupe juge difficilement automatisable : l’intuition, la créativité et la conduite des projets de bout en bout.
Le fondateur de DeepL explique que l’IA est déjà largement utilisée en interne, notamment dans l’ingénierie produit et dans le support client. Le plan annoncé consiste à généraliser le rôle de l’IA dans toute l’entreprise.
Fondée en 2017, DeepL développe des outils de traduction automatique pour le texte, les documents et la voix en temps réel. La société se retrouve désormais dans une position délicate : elle vend des produits dopés à l’IA tout en devant elle-même s’adapter à la nouvelle productivité que cette technologie promet.
La décision s’inscrit dans la vague de coupes liée à l’IA
Le groupe n’est pas seul à durcir son organisation. Dans la tech, les suppressions d’emplois se multiplient à mesure que les entreprises investissent massivement dans l’intelligence artificielle et cherchent en parallèle à alléger leurs coûts.
Meta en a donné un exemple récent avec l’annonce interne à la fin avril de 8 000 suppressions de postes, soit environ 10 % de ses effectifs. Même si l’IA n’était pas officiellement au centre du message, Mark Zuckerberg avait déjà lié en janvier cette technologie aux gains de productivité et aux économies attendues.
Chez DeepL, cette bascule intervient aussi à un moment stratégique. L’entreprise envisagerait une introduction en Bourse aux États-Unis et vient d’annoncer l’ouverture d’un bureau à San Francisco. Autrement dit, la réduction des effectifs accompagne aussi une montée en gamme managériale et financière, au moment où la course à l’IA redéfinit les standards de performance dans toute la tech.