Warner Bros et Netflix ont envoyé des lettres de mise en demeure à ByteDance, ciblant son générateur de vidéos IA Seedance 2.0 pour violation de droits d’auteur. Les deux studios rejoignent Disney et Paramount qui avaient ouvert le bal il y a quelques jours. Mais leurs approches diffèrent nettement.

Seedance 2.0 est accusé par l’ensemble de l’industrie du cinéma de s’appuyer sur une stratégie rodée : lancer l’outil sans restriction pour générer des vidéos IA réalistes se basant sur des acteurs ou des personnages iconiques, puis mettre en place des garde-fous après coup, une fois les dégâts juridiques constatés. ByteDance a déjà annoncé vouloir renforcer ses protections, sans convaincre ni Warner Bros ni Netflix.
Warner Bros adresse une lettre particulière
La missive de Warner Bros porte une dimension inédite. Wayne M. Smith, directeur juridique du groupe, a adressé sa lettre directement à John Rogovin, directeur juridique mondial de ByteDance (et ancien cadre de Warner Bros). Wayne M. Smith y rappelle à son destinataire qu’il a « consacré une grande partie de [sa] carrière à protéger » ces mêmes personnages, dont Superman et Batman, avant de lui signifier que ByteDance « enfreint désormais ouvertement les propriétés que vous avez autrefois contribué à défendre ».
Sur le fond, Warner Bros accuse ByteDance d’avoir fait un « choix de conception délibéré » en intégrant ses personnages de l’univers DC (Superman, Batman, Wonder Woman et le Joker) ainsi que des franchises comme Game of Thrones et Matrix au cœur de Seedance 2.0 pour attirer les utilisateurs. Le studio reconnaît que ByteDance a commencé à bloquer certains prompts textuels, qualifiant cela de « signe encourageant », mais juge la démarche largement insuffisante. Ses demandes sont :
- Arrêt immédiat de toute utilisation de propriétés intellectuelles de Warner Bros
- Dévoiler les contenus utilisés pour l’entraînement du modèle d’intelligence artificielle
- Blocage du partage de vidéos mettant en scène ses personnages
- Révocation des licences si la technologie a été redistribuée à des tiers
Netflix lance un ultimatum en 72 heures
De son côté, la lettre de Netflix, signée par Mindy LeMoine, directrice du contentieux, est plus courte et plus directe. Elle est aussi la première parmi toutes celles envoyées à ByteDance à menacer explicitement de « poursuites immédiates » avec un délai de réponse de trois jours.
Netflix qualifie Seedance 2.0 de « moteur de piratage à grande vitesse, générant en masse des œuvres dérivées non autorisées » à partir de ses univers, et accuse ByteDance de traiter ses propriétés intellectuelles « comme des cliparts du domaine public ». Les franchises explicitement citées sont Stranger Things, KPop Demon Hunters, Squid Game et Bridgerton. Parmi les exemples concrets avancés : des vidéos représentant des costumes non autorisés de la saison 4 de Bridgerton dans un bal masqué, Elon Musk inséré dans l’univers de Squid Game ou encore la reproduction du design visuel de Rumi, personnage principal de KPop Demon Hunters.
Netflix cherche également à couper court à tout argument de l’utilisation équitable : la lettre soutient que l’utilisation d’œuvres protégées pour créer un produit commercial concurrent (surtout lorsqu’il régurgite l’original) ne relève pas de cette exception légale.