Ne manquez plus aucune de nos publications :
L’intelligence artificielle a passé les derniers jours à appuyer simultanément sur l’accélérateur et sur le frein. Mistral a obtenu des moyens financiers sans précédent à l’échelle européenne, tandis qu’OpenAI a suspendu une partie de ses abonnements et envisage désormais de ralentir le développement de ses modèles les plus avancés. Entre ambition industrielle et inquiétudes de sécurité, la course à l’IA commence donc à ressembler à un sprint dans lequel les participants demandent eux-mêmes l’installation de ralentisseurs.
Le jeu vidéo n’a pas été beaucoup plus calme. PlayStation traverse une période difficile à lire, Xbox récupère un projet d’Hideo Kojima, Roblox prépare son émancipation et Blizzard ressort deux de ses plus grandes licences. Ajoutez à cela 974 failles corrigées par Microsoft, de nouvelles obligations européennes en matière de cybersécurité et un robot humanoïde qui apprend à se déplacer de barre en barre : il y avait largement de quoi remplir ce récap du dimanche.

Mistral a annoncé une levée de 3 milliards d’euros, portant sa valorisation au-delà de 21 milliards d’euros. Comme le souligne notre analyse de Mistral, cette opération donne à l’entreprise française des moyens industriels considérables, notamment pour financer du calcul, entraîner de nouveaux modèles et développer ses infrastructures. Elle ne suffit toutefois pas à garantir une véritable souveraineté européenne.
Le principal obstacle reste matériel. Même en construisant des centres de données en Europe et en gardant davantage de contrôle sur les données, Mistral dépend encore largement de puces, de logiciels et de chaînes de production situés hors du continent. Les 3 milliards d’euros permettent donc à l’entreprise de rester dans la course, pas encore de courir sur une piste entièrement européenne.
Chez OpenAI, le problème du moment est presque inverse : la demande dépasse les capacités disponibles. L’entreprise a suspendu les nouveaux abonnements ChatGPT Pro facturés 229 euros par mois, tout en maintenant la formule à 103 euros. GPT-6 Astra exerce une forte pression sur l’infrastructure, au point qu’OpenAI préfère temporairement refuser de nouveaux clients plutôt que de dégrader davantage le service.
Cette saturation intervient alors que Sam Altman envisage de ralentir l’IA de pointe. Le dirigeant souhaiterait que les principaux laboratoires coordonnent une pause jusqu’à l’adoption de règles de sécurité communes. L’idée reste à concrétiser, mais elle illustre un changement de ton : après avoir vanté chaque gain de puissance, le secteur commence aussi à se demander jusqu’où il peut accélérer sans perdre le contrôle.
Anthropic a fourni quelques arguments aux partisans de la prudence en détaillant plusieurs détournements de Claude. L’entreprise affirme avoir bloqué des utilisations liées à des cyberattaques, à la surveillance de dissidents, à des recherches biologiques dangereuses et au développement de logiciels pour des armes. Les modèles deviennent plus utiles, mais leurs mauvaises utilisations progressent visiblement au même rythme.
L’Union européenne vient de franchir une nouvelle étape dans l’encadrement des produits numériques. Depuis le 11 septembre, le Cyber Resilience Act oblige les fabricants de logiciels et d’objets connectés à signaler sous 24 heures les vulnérabilités activement exploitées. Les incidents graves doivent eux aussi être déclarés par l’intermédiaire d’une plateforme gérée par l’ENISA.
L’objectif est de faire circuler plus rapidement les alertes lorsque des pirates exploitent déjà une faiblesse. Les entreprises devront donc mieux surveiller leurs produits après leur commercialisation et ne pourront plus traiter une faille comme un problème que l’on règle discrètement lors de la prochaine mise à jour.
Microsoft a donné une bonne idée de l’ampleur du chantier avec 974 failles corrigées lors de son Patch Tuesday de septembre. Il s’agit d’un record pour l’entreprise. Deux vulnérabilités zero-day touchant Windows étaient déjà exploitées avant la publication des correctifs, ce qui donne une excellente raison d’éviter de repousser indéfiniment le redémarrage demandé par le système.
L’affaire Revolut rappelle toutefois que la sécurité ne repose pas seulement sur le code. Lors d’un incident chez Revolut, de fausses demandes envoyées depuis le domaine légitime d’une administration ont convaincu la fintech de transmettre des informations sensibles. Les systèmes de Revolut n’ont pas été piratés et les fonds des clients ne seraient pas concernés : l’attaque a surtout exploité la confiance accordée à un interlocuteur apparemment officiel.
Sony conserve une position dominante sur le marché des consoles, mais plusieurs décisions récentes rendent sa direction plus difficile à lire. Notre article sur la stratégie de PlayStation revient sur l’abandon progressif du jeu physique, l’accueil mitigé réservé à Marvel’s Wolverine et la rupture inattendue avec Hideo Kojima.
Cette dernière profite directement à Microsoft. Après l’abandon du projet par Sony, Physint passe chez Xbox. Le futur jeu d’action et d’espionnage de Kojima Productions sera donc publié par le concurrent de PlayStation. Microsoft récupère ainsi un projet prestigieux sans avoir eu à le lancer depuis zéro, pendant que Sony devra expliquer pourquoi il a laissé partir l’un des créateurs les plus identifiés à son histoire récente.
Cette opération ne suffit pas à inverser le rapport de force entre les deux marques, mais elle montre que Xbox peut encore profiter des hésitations de son rival. Dans le jeu vidéo comme ailleurs, les erreurs stratégiques sont rarement perdues pour tout le monde.
Blizzard a profité de la BlizzCon pour préparer l’avenir de deux licences historiques. Diablo V est annoncé pour le printemps 2029 avec un point de départ inhabituel : Diablo a déjà gagné et Sanctuaire est tombé. Le joueur incarnera l’Héritier de Westmarch dans un monde dominé par le Seigneur de la Terreur, plutôt que de tenter d’empêcher une apocalypse encore à venir.
Le retour de StarCraft est attendu au printemps 2030, mais sous une forme très différente. Blizzard prépare un jeu de tir en monde ouvert dans le secteur de Koprulu, laissant de côté, au moins pour cet épisode, la stratégie en temps réel qui a fait la réputation de la série. Aucune séquence de gameplay ni plateforme n’a encore été annoncée.
Les fans devront donc patienter plusieurs années, mais Blizzard a réussi à remettre deux grands noms dans la conversation en une seule soirée. Quand les dates de sortie se situent en 2029 et 2030, la configuration recommandée reste pour le moment la patience.
Roblox prépare une évolution capable de modifier profondément son modèle. Les créateurs pourront distribuer des jeux autonomes de Roblox sur mobiles, PC et consoles, sans imposer systématiquement le passage par l’application principale. Certaines expériences deviendront également accessibles dans Chrome avant la fin de 2026, puis jouables hors ligne à partir de 2027.
Roblox cherche ainsi à devenir moins une destination unique qu’une technologie de création et de distribution. Un jeu pourra naître dans son écosystème, puis vivre comme une application indépendante. La plateforme gagne en souplesse, mais prend aussi le risque de rendre son propre portail moins incontournable.
Google modifie ses résultats européens afin de respecter le Digital Markets Act. L’entreprise affirme que la nouvelle recherche Google en Europe pourrait devenir moins utile pour les internautes et réduire la visibilité de certaines entreprises. Derrière ce discours se joue un vieux conflit : Google estime qu’il améliore l’expérience en intégrant davantage de services, tandis que l’Europe considère que cette intégration peut défavoriser les concurrents.
L’Australie veut aller plus loin sur les réseaux sociaux avec le projet « My Feed, My Way ». Celui-ci obligerait les plateformes à permettre aux utilisateurs de désactiver les algorithmes et de choisir un fil limité aux comptes suivis. Le texte n’est pas encore adopté, mais il remet en cause l’un des mécanismes centraux de Facebook, Instagram, TikTok ou YouTube : décider automatiquement de ce qui doit capter notre attention.
Google comme les réseaux sociaux sont donc confrontés à la même question : jusqu’où une plateforme peut-elle organiser l’expérience avant que cette organisation ne devienne une forme de contrôle trop importante ? Les régulateurs commencent visiblement à vouloir récupérer quelques boutons dans l’interface.
La robotique a offert l’image la plus spectaculaire de la semaine. Des chercheurs de l’ETH Zurich ont appris à un robot humanoïde à sauter vers une structure suspendue, progresser de barre en barre avec ses bras, puis retrouver le sol sans tomber.
La démonstration combine LiDAR, perception de l’environnement et apprentissage du mouvement de tout le corps. L’objectif ne consiste pas seulement à produire une vidéo impressionnante : ces techniques pourraient aider de futurs robots à évoluer dans des environnements industriels, accidentés ou dangereux pour les humains. Pour l’instant, la machine maîtrise surtout une version très technologique du parcours du combattant.
Les actualités de ces derniers jours racontent toutes, à leur manière, une lutte entre puissance et contrôle. Mistral obtient les moyens d’accélérer, OpenAI envisage de ralentir, l’Europe impose des signalements de sécurité plus rapides et l’Australie veut redonner aux internautes la maîtrise de leur fil d’actualité.
Le jeu vidéo traverse le même mouvement : Roblox veut sortir de son application, PlayStation laisse filer un projet majeur et Blizzard transforme ses anciennes références pour préparer la prochaine décennie. La tech n’a donc pas cessé d’avancer. Elle commence simplement à découvrir qu’aller plus vite ne dispense pas toujours de savoir où l’on va.
Une fuite de données chez Educational Testing Service (ETS), prestataire du ministère californien de l’Éducation, touche les...
La Chine veut placer 23 technologies d’intelligence artificielle sous contrôle à l’exportation, des grands modèles aux...
Le robot autonome DALE a déjà percé plus de 385 000 trous dans du béton sur de vrais chantiers de data centers, avec une...
La dernière mise à jour de Nvidia App active par défaut un serveur permettant à des agents IA de contrôler certaines...
Samsung pourrait bouleverser ses plans pour le Galaxy S27 Ultra. Selon le Seoul Economic Daily, les prototypes équipés du Snapdragon 8 Elite...
17 Oct. 2026 • 20:47