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Netflix est devenu en 2025 le premier financeur privé de la production française, en additionnant ses investissements dans l’audiovisuel et le cinéma, comme le révèle l’Arcom. La plateforme de streaming a consacré 308 millions d’euros à ces deux secteurs, tandis que France Télévisions conserve la première place tous financeurs confondus avec 476 millions d’euros.

Dans le détail, Netflix a investi 250 millions d’euros dans la production audiovisuelle et 58 millions d’euros dans le cinéma en 2025. France Télévisions a de son côté consacré 406 millions d’euros à l’audiovisuel et 70 millions au cinéma. Canal+ reste le principal financeur du seul cinéma, avec 156 millions d’euros investis sur l’année. Ces données proviennent du bilan annuel de l’Arcom, présenté aujourd’hui au Festival de la fiction de La Rochelle.
Le poids des plateformes de streaming augmente également à l’échelle du marché. Netflix, Disney+, HBO Max et les autres services de streaming soumis aux obligations françaises ont investi 525 millions d’euros en 2025, contre 397 millions d’euros en 2024, soit une progression de 32 %. Dans le même temps, l’ensemble des investissements consacrés à la production audiovisuelle et cinématographique française a atteint 1,64 milliard d’euros, en hausse de 2 %. La contribution des acteurs historiques de la télévision (TF1, France Télévisions, Canal+, etc) a, elle, reculé de 1,213 à 1,118 milliard d’euros.
Cette évolution découle notamment du cadre réglementaire instauré en 2021 qui impose aux plateformes concernées de consacrer une partie de leur chiffre d’affaires réalisé en France au financement de la création. Pour les services concernés, l’obligation atteint au total 20 %, répartie entre la production audiovisuelle et le cinéma. Netflix conteste toutefois le niveau actuel de ces obligations et demande une évolution du système, alors que la plateforme affirme investir déjà environ 250 millions d’euros par an dans les créations françaises.
Martin Ajdari, président de l’Arcom, estime que cette progression pourrait rapidement modifier le classement des principaux financeurs. « On peut prévoir que [Netflix] qui est déjà le premier financeur privé de la création sera en 2030 le premier financeur tout court dans la création audiovisuelle et cinématographique », a-t-il déclaré lors de la présentation des données à La Rochelle.
Le régulateur souligne toutefois que cette montée en puissance des plateformes modifie la structure du financement. Selon Martin Ajdari, leur progression pourrait dépasser 40 % du total à terme et leurs investissements génèrent moins d’heures de tournage, moins d’œuvres financées et une diversité de genres différente de celle portée par les chaînes traditionnelles. L’Arcom appelle parallèlement à préserver la capacité d’investissement de France Télévisions, alors que le CNC constate déjà une pression sur le financement de la fiction et un tassement des investissements des services de vidéo à la demande en 2025.
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17 Oct. 2026 • 20:47