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La France a commencé à tester sur route deux voitures équipées du Full Self-Driving de Tesla. Cette étape marque un changement concret après les réserves exprimées en juillet par le ministre des Transports Philippe Tabarot. L’administration veut vérifier elle-même le comportement du système sur le réseau français et confronter ses observations aux données fournies par Tesla et par l’autorité néerlandaise RDW.
Le résultat doit être disponible entre la mi-septembre et la fin du mois, avant un possible vote européen en octobre ou au début de décembre. Malgré son nom, le FSD reste un système d’aide à la conduite supervisée : il peut accélérer, freiner et diriger le véhicule, mais le conducteur doit surveiller la route et être prêt à intervenir. Son éventuelle autorisation ne transformerait donc pas une Tesla européenne en robotaxi autonome.

Philippe Tabarot avait expliqué en juillet que le compromis de sécurité proposé n’était pas suffisant, en particulier sur le respect des limitations de vitesse et les alertes destinées à maintenir l’attention du conducteur en ville. Nous avions
détaillé le blocage français du FSD. Le ministre indique désormais qu’après plusieurs mois de travail technique avec Tesla, la livraison de deux véhicules permet de passer à la phase d’essais réels.
Les autorités devront observer des situations propres au réseau local : ronds-points, priorités à droite, zones à 30 km/h, voies étroites, cyclistes, marquages temporaires ou panneaux placés différemment. Deux voitures ne suffisent pas à démontrer statistiquement la sécurité d’un logiciel dans toutes les conditions. Elles peuvent toutefois reproduire les scénarios contestés, vérifier les corrections et déterminer si la surveillance du conducteur réagit correctement lorsqu’il détourne le regard.
Le contrôle de l’attention est central, car l’automatisation partielle peut pousser un automobiliste à surestimer les capacités de la voiture. Une caméra intérieure peut suivre le regard et la position de la tête, tandis que des alertes visuelles ou sonores demandent de reprendre le contrôle. La qualité du système dépend autant de la détection de l’inattention que de la conduite elle-même : une fonction performante mais tolérante envers un utilisateur distrait crée un risque différent de celui d’un logiciel entièrement autonome.
L’autorité routière des Pays-Bas, la RDW, a accordé en avril une approbation provisoire au FSD. La Belgique, le Danemark, l’Estonie et la Lituanie ont ensuite adopté une position similaire avant un vote au niveau européen. La France ne souhaite pas se contenter de cette évaluation. Selon les informations recueillies par Reuters auprès du ministère des Transports, elle veut vérifier les résultats néerlandais et les données de Tesla sur ses propres routes.
Cette procédure ne porte pas seulement sur une mise à jour logicielle nationale. Les véhicules modernes sont homologués selon des règles coordonnées afin qu’un modèle autorisé puisse circuler dans plusieurs pays. Une décision européenne éviterait à Tesla de négocier un régime différent pour chaque marché, mais elle oblige les autorités à s’accorder sur les conditions d’usage, les versions concernées et la façon dont les changements ultérieurs seront contrôlés.
Une homologation devrait aussi définir clairement la responsabilité du conducteur. Le FSD supervisé appartient toujours à la conduite assistée : l’humain garde la tâche de surveillance. Cette distinction a déjà alimenté des procédures sur la manière dont Tesla présente Autopilot et Full Self-Driving (lire : Tesla sanctionné en Justice pour marketing trompeur autour de l’Autopilot et du Full Self-Driving. Autoriser le système ne validerait donc pas toutes les promesses commerciales associées au mot autonome.

Les données utiles ne se limitent pas au nombre de kilomètres parcourus sans collision. Les évaluateurs doivent relever les reprises en main, les freinages injustifiés, les dépassements de vitesse, les trajectoires hésitantes et les situations où le conducteur a dû corriger le logiciel. Tesla affirme que son système a accumulé des milliards de kilomètres, mais une moyenne mondiale peut masquer un comportement plus fragile dans une configuration locale (lire : kilomètres du FSD ne prouvent pas à eux seuls l’autonomie)
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