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Faire générer des milliers de réponses à un modèle d’intelligence artificielle pour en imiter ensuite le comportement : c’est la méthode que l’administration Trump reproche à la start-up chinoise Moonshot AI. Michael Kratsios, conseiller scientifique et technologique du président, accuse cette dernière d’avoir pillé Claude Fable 5, le modèle le plus avancé d’Anthropic, pour créer son propre modèle Kimi K3.

Cette technique, appelée distillation, permet à un modèle plus modeste d’apprendre à reproduire les capacités d’un modèle plus puissant sans en copier directement le code source. Michael Kratsios ne condamne pas cette pratique en soi, qu’il juge acceptable lorsqu’elle sert à créer des modèles de taille réduite, mais il qualifie d’« inacceptable » son usage à l’échelle industrielle observé chez Moonshot AI, où l’opération aurait pris une ampleur inédite accompagnée d’un changement de méthode d’accès au modèle américain. Le conseiller ajoute que la start-up chinoise aurait utilisé des puces Nvidia théoriquement interdites d’exportation vers la Chine pour mener cette opération.
Le résultat de cette manœuvre présumée s’appelle Kimi K3, lancé le 16 juillet et présenté comme le modèle IA « open weight » le plus avancé actuellement disponible. Ce modèle domine plusieurs classements de performance, notamment en programmation d’applications, un succès qui alimente les soupçons américains sur l’origine de ses capacités. La performance est d’autant plus saluée que Kimi K3 est un modèle ouvert, là où les IA américaines (ChatGPT, Claude, Gemini, etc) sont des modèles fermés.
D’autres responsables de l’administration américaine ont durci le ton sur ce dossier. Jacob Helberg (sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires économiques) évoque un vol de propriété intellectuelle américaine et une atteinte plus large à l’économie du pays, affectant l’esprit d’entreprise et la concurrence, tandis que Scott Bessent (secrétaire du Trésor des États-Unis) affirme avoir identifié des traces de modèles américains dans plusieurs systèmes d’intelligence artificielle chinois, allant jusqu’à évoquer d’éventuelles sanctions.
Cette accusation n’est pas isolée dans le temps. Anthropic avait déjà pointé du doigt Moonshot AI, DeepSeek et MiniMax en février, tandis qu’OpenAI avait transmis un mémo accusant DeepSeek d’avoir copié ses propres modèles à la même période. L’administration Trump a depuis ouvert une enquête sur l’ensemble de ces pratiques, cherchant à établir l’ampleur réelle de l’utilisation non autorisée de technologies américaines par les acteurs chinois de l’intelligence artificielle.
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11 Aug. 2026 • 18:00