Les États-Unis ont rejeté toute gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle lors du Sommet pour l’action sur l’IA de New Delhi, s’opposant frontalement à l’ONU et à Sam Altman (patron d’OpenAI) qui appellent à mieux encadrer cette technologie. Le conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies, Michael Kratsios, a parallèlement cosigné avec l’Inde une déclaration commune résolument pro-innovation.

Gouvernance mondiale de l’IA : les États-Unis disent non
Pour Michael Kratsios, l’IA a le potentiel de « favoriser l’épanouissement humain et de générer une prospérité sans précédent ». Il a balayé les préoccupations réglementaires en qualifiant les « obsessions idéologiques axées sur les risques, comme le climat ou l’équité » de « prétextes à une gestion bureaucratique et à la centralisation ». Le gouvernement américain refuse par ailleurs d’encadrer les contenus sur les plateformes, au nom de la liberté d’expression.
Cette posture s’inscrit dans une continuité : à Paris l’an dernier, les États-Unis avaient déjà refusé de signer le communiqué final du sommet. La nouvelle déclaration bilatérale s’engage à « adopter des cadres réglementaires favorisant l’innovation technologique et encourageant l’investissement ».
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a répliqué en annonçant le lancement d’une commission scientifique chargée de faire « du contrôle humain » de l’IA « une réalité technique ». Devant le sommet, il a résumé l’urgence en une formule directe : « Nous fonçons dans l’inconnu. L’innovation liée à l’IA avance à la vitesse de la lumière et dépasse notre capacité collective à la comprendre et encore plus à la gouverner ».
La veille, Sam Altman avait lui aussi estimé que la technologie avait un besoin urgent de régulation, au moment où les inquiétudes quant à son impact sur la société et l’environnement ne cessent de croître.
Un sommet inédit face à des textes encore timides
Le Sommet pour l’action sur l’IA de New Delhi était le plus grand jamais organisé sur le sujet, réunissant des dizaines de milliers de participants, et le premier à se tenir dans un pays en développement. Les dirigeants et ministres présents devaient adopter un communiqué commun sur les apports et les risques de l’intelligence artificielle, un exercice délicat : les trois éditions précédentes avaient toutes débouché sur des textes vagues.
Le prochain sommet se tiendra à Genève début 2027.