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La multiplication des constellations de satellites pourrait bientôt rendre une partie du ciel nocturne beaucoup plus difficile à observer. Une étude menée par l’Observatoire européen austral propose de limiter le nombre total de satellites autour de la Terre à environ 100 000 unités, à condition qu’ils restent suffisamment peu lumineux pour ne pas être visibles à l’œil nu depuis les sites astronomiques.
Plus de 14 000 satellites sont déjà en orbite, mais les projets annoncés pourraient faire exploser ce chiffre dans les prochaines années. SpaceX envisage à elle seule un réseau pouvant atteindre un million de satellites, tandis que d’autres entreprises préparent aussi des constellations destinées aux télécommunications ou à la réflexion de lumière solaire depuis l’espace. « « Ce n’est pas un chiffre absolu : 99 999 n’est pas forcément acceptable et 100 001 forcément catastrophique. Évidemment, je préférerais qu’il n’y en ait que 50 000 », a déclaré Olivier Hainaut, astronome à l’ESO et auteur principal de l’étude. « Mais avec 100 000 satellites, les pertes seraient du même ordre que d’autres pertes techniques, comme une panne d’équipement. »

Pour les chercheurs de l’ESO, le problème ne se limite pas au risque de saturation visuelle du ciel. Les satellites éclairés par le Soleil traversent les champs des télescopes et laissent des traînées lumineuses capables de masquer des galaxies lointaines, des exoplanètes ou des astéroïdes potentiellement dangereux.
Les simulations réalisées dans l’étude montrent qu’une mégaconstellation très dense pourrait provoquer des dizaines de traces dans une seule image prise par le Very Large Telescope. Dans certains scénarios, les pertes de champ pourraient atteindre près de 28 % deux heures après la tombée de la nuit.

La situation serait encore plus critique pour des satellites particulièrement brillants. L’ESO estime ainsi que les observations du futur observatoire Vera C. Rubin pourraient devenir très difficiles durant plusieurs heures chaque nuit si les projets les plus ambitieux voyaient le jour sans aucune contraintes supplémentaires.
Les auteurs rappellent que 100 000 n’est pas une frontière absolue, mais un seuil où l’impact sur l’astronomie deviendrait extrêmement visible. Au-delà, la pression sur les observatoires risquerait de devenir structurelle. L’enjeu revient désormais aux autorités chargées d’autoriser ces constellations, soit concilier la croissance des services spatiaux avec la protection d’un ciel encore indispensable à la recherche scientifique.
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