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Une class action accuse Samsung, SK Hynix et Micron, les trois plus gros fabricants de RAM qui pèsent plus de 90 % du revenu mondial de ce marché, d’avoir coordonné l’offre de mémoires de type DDR3 et DDR4. Le dossier relie cette flambée aux hausses de prix des consoles, des PC, des smartphones, des tablettes et d’autres appareils électroniques.

14 particuliers et trois entreprises poursuivent les trois fabricants pour entente illicite sur les prix et l’offre de DRAM. Selon la plainte, l’action vise à « obtenir réparation pour, et faire cesser, un comportement anticoncurrentiel concerté de trois oligopolistes sur le marché de la mémoire vive dynamique, plus communément appelée DRAM ». Les plaignants soutiennent que cette stratégie a fait exploser le prix de la RAM conventionnelle et a renchéri des produits grand public sur plusieurs marchés.
La plainte décrit une mécanique simple : réduire artificiellement la production de DRAM dite classique pour orienter l’industrie vers la High Bandwidth Memory (HBM), à savoir la mémoire à large bande passante. Les plaignants estiment que ce recentrage sur une mémoire moins rentable en apparence a servi à justifier une pénurie et à soutenir les hausses tarifaires. La class action accuse les trois groupes d’avoir « fixé l’offre et les prix de la DRAM en adoptant une conduite qui n’a aucun sens économique en l’absence de collusion et qui a fait grimper le prix de la DRAM conventionnelle, parfois appelée DRAM standard, d’environ 700 % en quatre ans ».
Les plaignants affirment que cette hausse s’est directement répercutée sur le prix des machines vendues au public. On peut notamment citer la Steam Machine de Valve, la PS5 de Sony, la Xbox Series X de Microsoft et la Switch 2 de Nintendo, avec des surcoûts pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros pour certaines consoles. Les smartphones, les tablettes et les PC figurent aussi parmi les marchés touchés.
Le recours réclame une injonction permanente pour stopper toute coordination de l’offre et rétablir la concurrence sur le marché de la RAM. Il y a aussi une demande pour des dommages et intérêts pour les plaignants et pour les catégories de clients visées par la procédure. L’enjeu dépasse le seul prix des composants : la RAM reste un élément central dans la plupart des appareils électroniques grand public.
Cette nouvelle affaire ravive un précédent majeur pour l’industrie des semi-conducteurs. Entre 1998 et 2002, Samsung, Hynix et Micron ont déjà été impliqués dans un cartel sur la RAM. Samsung avait payé une amende de 300 millions de dollars, là où Hynix avait payé 185 millions de dollars, tandis que Micron avait échappé à une sanction financière en coopérant avec les autorités.
Le passif du secteur ne s’arrête pas là. Des dirigeants de Samsung ont été envoyés en prison dans ce dossier et une enquête chinoise a également visé le marché entre 2016 et 2018. Si les accusations actuelles se confirment, le dossier pourrait déboucher sur de nouvelles sanctions majeures et relancer le débat sur la régulation des oligopoles technologiques, au moment où le prix des composants pèse déjà sur toute l’électronique grand public.
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