La NASA vise un retour d’astronautes sur la Lune en 2028, mais la brique la plus critique du programme — l’alunisseur habité — accumule les zones d’ombre. Dans un rapport à la tonalité particulièrement sévère, l’Office of Inspector General (OIG), l’organe de contrôle interne de l’agence, estime que le programme Human Landing System souffre de retards, d’un suivi perfectible et de questions de sécurité encore insuffisamment verrouillées pour les deux candidats : le Starship HLS de SpaceX et le Blue Moon de Blue Origin.
Aucun plan de “secours d’équipage” crédible
L’OIG souligne une vulnérabilité majeure rarement formulée aussi frontalement : en cas de panne grave, la NASA ne disposerait pas aujourd’hui d’une capacité réaliste pour récupérer un équipage bloqué. « Sans capacité de sauvetage pour les missions Artemis, l’équipage sera perdu si l’alunisseur devient inutilisable à la surface lunaire ou ne peut pas s’amarrer à Orion ou au Gateway en orbite », avertit le rapport.

Des tests jugés incomplets et des désaccords sur les commandes manuelles
“Tester comme on vole”, mais pas partout
Le document relève des occasions manquées d’appliquer pleinement le principe “test like you fly”, en particulier lors des démonstrations non habitées censées réduire les risques avant une mission avec équipage.

Starship et Blue Moon : le contrôle par l’équipage encore flou
Autre sujet sensible : la capacité des astronautes à reprendre la main en cas d’urgence. Le rapport évoque un désaccord entre la NASA et SpaceX sur la conformité du Starship HLS aux exigences de commandes manuelles, tandis que le fonctionnement précis de ces commandes sur Blue Moon reste à clarifier.
Ce que la NASA promet de corriger
Face à cette situation pour le moins critique, l’OIG recommande de mieux encadrer le suivi des coûts et du soutien gouvernemental aux contractants, d’actualiser les clauses contractuelles et d’améliorer les analyses de survie d’équipage, y compris sur la durée au-delà de l’incident initial. La NASA dit accepter la plupart des recommandations, mais le calendrier, lui, continue de tourner : la course au premier alunissage de la décennie impose de résoudre vite — et proprement — ces questions de fiabilité et de sécurité, sans quoi la Chine pourrait bien être la première nation à fêter le retour d’astronautes sur la Lune.
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