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Un an après avoir lancé son propre outil de filtrage, Deezer franchit une nouvelle étape stratégique : la plateforme française met en vente sa technologie de détection de musique générée par intelligence artificielle. Cette ouverture au marché s’adresse directement aux autres acteurs de l’industrie musicale (labels, distributeurs et autres plateformes de streaming) pour lutter collectivement contre la fraude massive liée aux contenus synthétiques.

Le système développé par Deezer a déjà fait ses preuves en interne. Opérationnel depuis début 2025, il a identifié plus de 13,4 millions de musiques générées par IA au sein du catalogue. Sa promesse technique est forte : détecter avec une précision de 100 % les productions issues des modèles génératifs les plus prolifiques comme Suno ou Udio. Le service de streaming e assure même avoir conçu un système capable de généraliser sa détection sans nécessiter d’entraînement spécifique, une avancée cruciale face à l’évolution rapide des outils de création.
Des tests concluants ont déjà été menés avec des partenaires de poids comme la Sacem. « À partir de maintenant, nous accordons des licences pour cette technologie afin de la rendre largement accessible », confirme Alexis Lanternier, patron de Deezer, positionnant son entreprise non plus seulement comme un diffuseur, mais comme un fournisseur de solutions technologiques B2B.
La décision de vendre cet outil répond à une urgence industrielle chiffrée. Selon les données de Deezer, 60 000 titres générés par IA sont mis en ligne chaque jour sur sa plateforme, représentant près de 39 % du flux total des nouveaux morceaux quotidiens. Si ces titres ne pèsent encore que 1 à 3 % des écoutes totales, leur usage est massivement détourné.
En effet, la plateforme révèle que jusqu’à 85 % des streams de musique IA détectés en 2025 étaient frauduleux, générés par des bots pour siphonner les revenus. En réponse, Deezer applique une politique de tolérance zéro : ces écoutes suspectes sont systématiquement démonétisées et exclues du calcul des royalties.
L’enjeu est financier autant qu’éthique. Une étude conjointe de la CISAC et PMP Strategy estime que 25 % des revenus des créateurs pourraient être menacés d’ici 2028, soit un manque à gagner potentiel de 4 milliards d’euros. En commercialisant son détecteur, Deezer espère standardiser la lutte contre cette dilution des revenus.
Concrètement, sur sa propre plateforme, Deezer va plus loin que la simple détection : tous les morceaux identifiés comme 100 % IA sont bannis des recommandations algorithmiques et des playlists éditoriales. L’objectif est de laisser le choix aux utilisateurs tout en empêchant les fraudeurs de manipuler le système au détriment des artistes réels.
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30 Jan. 2026 • 11:45