Prime Video augmentera fortement sa contribution à la production française en 2026 dans le cadre d’un nouvel accord avec l’Arcom. Le service de streaming d’Amazon investira 90 millions d’euros par an et pourra monter à 110 millions d’euros si un accord lui permet de diffuser plus tôt des films après leur sortie en salles.

Davantage d’investissements d’Amazon Prime Video en France
Le compromis est simple : davantage d’argent pour la création française en échange d’une fenêtre potentiellement raccourcie entre la sortie des films au cinéma et en streaming. Aujourd’hui, Amazon Prime Video doit attendre 17 mois après la sortie en salles pour diffuser un film. Le nouvel accord ouvre la voie à un passage sous les 12 mois, à condition qu’un terrain d’entente soit trouvé avec les organisations professionnelles du cinéma sur la chronologie des médias.
Le minimum garanti arrêté fin 2021 s’élevait à 40 millions d’euros. Avec l’avenant adopté par l’Arcom pour 2026-2028, Prime Video passera à 90 millions d’euros par an, soit plus du double, avec un palier à 110 millions si la plateforme obtient l’accès anticipé qu’elle réclame pour au moins une œuvre cinématographique.
Ce relèvement ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans un bras de fer déjà ancien autour de la chronologie des médias, ce système bien français qui fixe le calendrier de diffusion des films après leur sortie en salles. Il y a un an, Prime Video a saisi la justice pour contester ce dispositif, comme Netflix avant lui, afin d’obtenir un délai plus court. Dans ce système, le temps d’attente imposé aux diffuseurs dépend largement de leur niveau d’investissement dans la production française.
L’Arcom apprécie le geste
Amazon présente donc ce nouvel engagement comme un geste allant bien au-delà de ses obligations légales. Le groupe dit vouloir inscrire cet effort dans la durée, mais lie clairement cette perspective à un accord avec les représentants du cinéma dans le délai prévu par la convention.
L’Arcom y voit pour sa part un compromis enfin stabilisé après un an de discussions. Son président, Martin Ajdari, a salué un « terrain d’entente », signe que le dossier a quitté le seul terrain contentieux pour redevenir une négociation sur les contreparties.
Ce nouvel accord s’inscrit dans un cadre plus large mis en place depuis 2021, quand les grandes plateformes étrangères de streaming ont été alignées sur les obligations de financement déjà imposées aux groupes audiovisuels traditionnels en France (TF1, France Télévisions, etc). En 2024, Prime Video, Netflix, Disney+, Apple TV et Crunchyroll ont ainsi injecté 397 millions d’euros dans la production audiovisuelle et cinématographique française.