La course vers la Lune se poursuit de plus belle : Blue Origin, l’entreprise spatiale fondée par Jeff Bezos (fondateur et ex-CEO d’Amazon), vient de valider une étape importante avec son alunisseur cargo Blue Moon Mark 1, surnommé Endurance. L’appareil a terminé une campagne d’essais en chambre à vide thermique au centre spatial Johnson de la Nasa, à Houston.
Un test extrême pour simuler l’environnement lunaire
Le prototype a été placé dans la gigantesque chambre A, utilisée pour reproduire le vide spatial et les écarts de température que rencontrera un véhicule à destination de la Lune. Ces essais ont permis de vérifier la résistance thermique et structurelle du module avant une future mission robotique vers le pôle Sud lunaire.

La Nasa précise qu’Endurance devra démontrer « l’atterrissage de précision, la propulsion cryogénique ainsi que les capacités autonomes de guidage, de navigation et de contrôle ». Le module transportera aussi deux charges scientifiques, soit SCALPSS, destinée à étudier l’effet du panache moteur sur le sol lunaire, et LRA, un réseau de réflecteurs laser pour améliorer la localisation depuis l’orbite.
Un lancement sous pression
Le Mark 1 doit être envoyé dans l’espace à l’aide de New Glenn, le lanceur lourd de Blue Origin. L’entreprise a récemment procédé au troisième vol de ce lanceur (première réutilisation réussie au passage), le tout conclu par un atterrissage à la verticale. Mais la mission n’a pas été totalement satisfaisante : l’étage supérieur n’est pas parvenu à placer le satellite BlueBird 7 sur l’orbite prévue, contraignant AST SpaceMobile, son propriétaire, à procéder à sa destruction.
Blue Origin face à SpaceX dans le programme Artemis
Un Mark 1 sans équipage avant un futur Mark 2 habité
Blue Moon Mark 1 ne transportera pas d’astronautes. L’alunisseur servira surtout à préparer le Mark 2, plus grand et conçu spécifiquement pour les missions habitées. Blue origin monte en puissance au moment où la Nasa revoit son calendrier : Artemis III doit désormais tester en orbite terrestre les systèmes d’alunissage commerciaux en 2027, tandis que le retour d’astronautes sur la surface lunaire est prévu pour 2028 avec Artemis IV.
Blue Origin devra aussi compter sur son lanceur lourd New Glenn, encore en phase de consolidation. Face au Starship HLS de SpaceX, (qui a connu bien des soucis) l’entreprise de Jeff Bezos joue une partie certes serrée… mais loin d’être perdue d’avance. Force est de constater que la course à la Lune ne se limitera pas à un affrontement Chine-USA mais opposera aussi les fleurons de l’aérospatiale privée américaine…