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Microsoft a ouvert dans le Maryland un centre de recherche quantique où la DARPA pourra examiner directement un système équipé de la puce Majorana 2. L’agence américaine de recherche militaire disposera d’un espace dédié pour démarrer la machine avec ses propres procédures, charger du matériel et évaluer indépendamment l’approche topologique défendue par Microsoft.

Jusqu’à présent, les équipes de la DARPA accédaient à distance aux systèmes quantiques de Microsoft installés à Redmond et en Europe. Le nouveau site, implanté dans le Discovery District de l’Université du Maryland près de Washington, change la nature du contrôle : les évaluateurs auront un accès physique complet au matériel topologique, à ses commandes et à ses futures évolutions.
La première configuration s’appuiera sur Majorana 2, la deuxième génération de puce quantique topologique de Microsoft. L’entreprise indique avoir remplacé l’aluminium de sa précédente pile de matériaux par du plomb afin d’améliorer les performances. La machine du Maryland est conçue pour recevoir ensuite d’autres puces, ce qui permettra aux examinateurs de comparer plusieurs étapes de développement sans reconstruire toute l’installation.
Cette vérification extérieure compte davantage qu’une démonstration préparée par le constructeur. La DARPA veut déterminer si une architecture quantique peut effectuer des calculs dont la valeur économique dépasse le coût total de la machine, et non simplement établir un record isolé en laboratoire. Microsoft fait partie des sociétés arrivées à la phase finale du programme US2QC, intégré à l’initiative plus large de benchmarking quantique de l’agence.
Le bâtiment couvre environ 1 400 m² et comprend les espaces de recherche propriétaires de Microsoft, la zone réservée à la DARPA, des laboratoires pour les partenaires et un atelier de formation consacré au matériel quantique. AMD, Bluefors, Intel, IQM, Fermilab, Riverlane et Quantum Motion figurent parmi les premiers contributeurs annoncés pour cet atelier.
La démarche vise à rapprocher des métiers souvent séparés : fabrication de composants, cryogénie, électronique de contrôle, correction d’erreurs et développement logiciel. Des étudiants et chercheurs pourront assembler de petits systèmes réels, effectuer des mesures et diagnostiquer des résultats incohérents, là où de nombreux cursus restent centrés sur la théorie ou la programmation.
L’ouverture intervient alors que plusieurs concurrents cherchent eux aussi à sortir l’informatique quantique de la démonstration. Nous avons récemment présenté les puces Nighthawk et Loon d’IBM, ainsi que son premier centre de données quantiques européen. Google suit une autre voie avec sa puce Willow de 105 qubits.
Les qubits topologiques promettent une meilleure résistance au bruit, mais cette approche demeure controversée et doit encore démontrer qu’elle peut être industrialisée à grande échelle. L’accès accordé à la DARPA ne constitue donc ni une certification de Majorana 2 ni la preuve qu’un ordinateur quantique utile existe déjà. Il fournit surtout un cadre où des spécialistes extérieurs pourront contrôler la stabilité, les séquences de démarrage et le comportement du système sans dépendre exclusivement des mesures de Microsoft.
L’évaluation réunira également le laboratoire de recherche de l’US Air Force, le laboratoire de physique appliquée de l’université Johns-Hopkins et plusieurs laboratoires nationaux, dont Los Alamos, Oak Ridge, Lawrence Berkeley et Lawrence Livermore. Microsoft affirme viser des systèmes quantiques commerciaux en 2029 ; la DARPA se donne pour horizon 2033 afin d’identifier une architecture capable d’atteindre un calcul utile à un coût économiquement défendable.
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