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Roland Lescure estime que la souveraineté européenne en intelligence artificielle ne peut pas dépendre de la seule entreprise française Mistral. Le ministre de l’Économie appelle à développer un écosystème plus large pour éviter une dépendance aux États-Unis et à la Chine.

En déplacement à San Francisco, Roland Lescure a défendu une stratégie européenne fondée sur plusieurs entreprises et technologies. « Si l’IA européenne se résume à Mistral, alors nous sommes fichus », a-t-il déclaré à des journalistes, en insistant sur la nécessité de ne pas concentrer tous les efforts sur une seule société.
Le ministre refuse également de déterminer quelle orientation Mistral doit privilégier. L’entreprise française peut continuer à développer des modèles fondamentaux de pointe ou renforcer son activité autour des infrastructures et des services, selon les choix de sa direction. Roland Lescure considère néanmoins Mistral comme « une entreprise dont on peut être fiers ».
Cette position intervient alors que l’Europe cherche encore à créer une capacité indépendante face aux géants américains et chinois de l’IA. La Commission européenne a confié en juin à un consortium italo-allemand le développement d’un modèle européen de pointe sur les supercalculateurs publics de l’Union européenne, sans associer Mistral au projet.
Mistral poursuit parallèlement ses investissements dans les infrastructures. La start-up a notamment lancé un premier data center en France et a conclu un accord commercial avec Microsoft de l’ordre de plusieurs milliards de dollars, tout en continuant à publier ses propres modèles d’IA. L’État français reste indirectement actionnaire de l’entreprise via Bpifrance.
Le ministère de l’Économie a d’ailleurs confirmé le renforcement d’un partenariat non exclusif avec Mistral, avec de nouvelles expérimentations dans plusieurs ministères, notamment dans le domaine de la cybersécurité. Cette orientation fait suite à l’annonce du ministre du Budget David Amiel qui avait indiqué en août vouloir privilégier des fournisseurs d’IA souverains après la cyberattaque contre l’administration fiscale.
Roland Lescure pointe enfin l’incertitude liée aux fournisseurs américains. Interrogé sur le risque que les États-Unis utilisent l’accès aux modèles d’IA comme moyen de pression sur l’Europe, il a résumé sa réponse par un mot : « imprévisibilité ». Il faisait notamment référence à la décision prise en juin par l’administration Trump de contraindre Anthropic à interrompre temporairement l’accès de ressortissants étrangers à ses modèles puissants Claude Fable 5 et Mythos 5.
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