Valorisée 11,7 milliards d’euros et fraîchement auréolée d’une levée de 830 millions de dollars en dette pour construire un data center en France, Mistral ne se contente plus de développer des modèles d’IA : la start-up française publie désormais un plaidoyer politique de 22 mesures destiné à l’Union européenne.

Le patron de Mistral, Arthur Mensch, pose le diagnostic sans détour : « L’Europe est confrontée à un fossé technologique grandissant, qui rend ses citoyens, ses entreprises et ses gouvernements de plus en plus dépendants d’une domination étrangère ».
Visas, marchés publics et fiscalité : un plan en trois axes
Le volet le plus concret du document concerne l’attractivité des talents. Mistral réclame la création d’une « AI blue card », un titre de séjour européen simplifié réservé aux professionnels de l’intelligence artificielle. La carte bleue européenne existe depuis 2009 pour les travailleurs hautement qualifiés dans les secteurs en tension, mais reste marginalement utilisée hors d’Allemagne.
Sur le plan économique, l’entreprise demande l’introduction d’une préférence européenne dans les marchés publics liés à l’IA et au cloud, accompagnée d’un avantage fiscal pour les entreprises qui choisiraient des infrastructures d’IA européennes. Enfin, Mistral plaide pour la création d’une base de données centralisée regroupant l’ensemble des œuvres tombées dans le domaine public à l’échelle européenne afin de fournir aux entreprises d’IA un corpus d’entraînement légalement exploitable.
Arthur Mensch résume l’enjeu en une formule : « La concurrence des États-Unis et de la Chine est féroce, mais l’Europe n’est pas un marché à dominer ». Mistral, l’une des rares entreprises européennes à tenir le rang face aux géants américains et chinois, table par ailleurs sur un chiffre d’affaires dépassant le milliard d’euros en 2026.