Les aides du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) autour de l’intelligence artificielle vont changer dans les prochaines semaines. Le principe posé par la la ministre de la Culture Catherine Pégard est clair : les financements publics devront continuer à soutenir une création humaine, pas une œuvre où l’IA remplace l’auteur.

Le futur cadre dessine déjà une frontière nette. Le CNC ne soutiendra pas une œuvre dépourvue d’auteur et le doublage ne pourra être aidé que s’il repose sur une interprétation humaine.
La ligne défendue par la ministre ne vise pas à bannir l’intelligence artificielle des films. Elle admet au contraire que cet outil peut accélérer, faciliter ou enrichir la fabrication, mais elle refuse qu’il prenne la place du créateur dans l’accès aux aides.
Catherine Pégard l’a formulé sans ambiguïté : « Nous n’aiderons pas des œuvres où l’IA se substituerait au créateur, au lieu de lui apporter des outils supplémentaires ». Cette position étend la protection de la création humaine au partage de la valeur comme à la protection de l’emploi.
Une décision qui pèse sur tout le financement du cinéma
Cette évolution compte bien au-delà d’un signal politique car le CNC dispose de plus de 800 millions d’euros par an. Son rôle est central dans le financement du cinéma comme dans celui de l’ensemble de la filière audiovisuelle.
L’annonce a été faite récemment en marge du Festival de Cannes lors d’un échange avec les professionnels du secteur, puis dans des discussions avec des homologues européens sur la protection des œuvres. En France, ce débat s’inscrit dans un système où les diffuseurs, chaînes de télévision et plateformes (Netflix, Disney+, etc) doivent déjà consacrer une part de leur chiffre d’affaires au financement de productions nationales. C’est ce qui permet notamment d’avoir des fenêtres de sortie « réduites » en lien avec la chronologie des médias. Par exemple, l’investissement de Disney+ lui permet de diffuser les films en streaming neuf mois après la sortie au cinéma.