Ted Sarandos, co-patron de Netflix, a pris un engagement pour apaiser les craintes d’Hollywood : si l’acquisition de Warner Bros aboutit, le studio conservera sa fenêtre d’exclusivité en salles de 45 jours. Dans une interview accordée au New York Times, le dirigeant contredit les spéculations annonçant la mort du cinéma, affirmant vouloir préserver cette « formidable machine de distribution » générant des milliards de dollars.

Un virage stratégique motivé par la rentabilité du box-office
Cette position tranche avec ses déclarations floues de décembre, où il évoquait une « évolution » des fenêtres de diffusion. Ted Sarandos admet aujourd’hui que l’analyse des comptes de Warner Bros a révélé une réalité économique bien plus favorable que prévu. « Les chiffres du cinéma étaient plus positifs que ce que nous avions modélisé », confesse-t-il, qualifiant désormais l’activité de « saine et rentable ».
L’objectif est clair : Netflix veut désormais dominer les salles de cinéma. « Je veux gagner le premier week-end. Je veux gagner le box-office », martèle le patron de Netflix, promettant de gérer cette activité « largement comme elle l’est aujourd’hui ». Il annonce même une augmentation du volume global de productions issues de l’entité combinée, bien que la répartition exacte entre sorties salles et streaming reste à définir.
HBO et les séries TV épargnés par la consolidation
Au-delà du cinéma, Ted Sarandos cherche à rassurer sur l’ensemble de l’écosystème. Il garantit que HBO restera « complètement intact » et que la branche Warner Bros Television continuera sa production habituelle. Il se pose également en défenseur de l’emploi face à l’offre concurrente de Paramount, dont le plan d’économies de 6 milliards de dollars menacerait de nombreux postes.
Cette offensive de charme vise directement les exploitants de salles, historiquement en conflit avec le modèle de la sortie simultanée en salles et en streaming ou les fenêtres courtes de Netflix. En s’engageant sur ce délai de 45 jours (contre les 17 jours redoutés par l’industrie), le géant du streaming tente de transformer ses ennemis d’hier en partenaires, assurant entretenir une « excellente relation » avec eux.
Pour rappel, Netflix a fait une offre de 82,7 milliards de dollars pour racheter Warner Bros. L’acquisition doit maintenant être validée par les régulateurs un peu partout dans le monde.