Donald Trump a ordonné à toutes les agences fédérales américaines de cesser immédiatement d’utiliser l’intelligence artificielle d’Anthropic, en réaction directe au refus du groupe d’accorder au Pentagone un accès illimité à son chabot Claude. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a suivi en classifiant Anthropic comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement en matière de sécurité nationale », une désignation habituellement réservée aux adversaires étrangers.

Les décisions d’Anthropic agacent Donald Trump
Le différend s’est envenimé autour d’un contrat de 200 millions de dollars sur deux ans liant Anthropic au département de la Défense des États-Unis. Le Pentagone exige qu’Anthropic autorise l’utilisation de son modèle IA « à toutes fins légales », ce que le groupe a refusé, maintenant des garde-fous interdisant l’usage de Claude pour la surveillance de masse de citoyens américains ou pour des systèmes d’armes létaux autonomes sans supervision humaine.
Jeudi, le patron d’Anthropic, Dario Amodei, avait franchi le point de non-retour en déclarant publiquement que son entreprise « ne peut pas en bonne conscience accéder » aux demandes du Pentagone, tout en laissant entrevoir la possibilité de poursuivre les négociations. Vendredi, avant même l’expiration de l’ultimatum fixé par le Pentagone, Donald Trump a écrit un message sur son réseau social Truth Social : « Les extrémistes gauchistes chez Anthropic ont commis une ERREUR CATASTROPHIQUE en tentant de CONTRAINDRE le département de la Défense à suivre leurs conditions d’utilisation plutôt que notre Constitution ». Il a assorti son ordre d’une menace : en cas de résistance à la transition, il userait de « tout le pouvoir de la présidence » avec « des conséquences civiles et pénales majeures à la clé ».
Dans la foulée, Pete Hegseth a interdit à tout contractant, fournisseur ou partenaire travaillant avec l’armée américaine de faire affaire avec Anthropic. « Les combattants américains ne seront jamais pris en otage par les caprices idéologiques des Big Tech », a-t-il écrit sur X. La désignation de risque pour la chaîne d’approvisionnement pourrait ainsi avoir un impact sur l’ensemble des partenariats commerciaux d’Anthropic bien au-delà du secteur militaire.
Un soutient de la part d’OpenAI
L’interdiction ne fait pourtant pas l’unanimité au sein du monde de la tech. Le patron d’OpenAI, Sam Altman, a pris publiquement position en faveur d’Anthropic, déclarant partager ses préoccupations sur les usages militaires de l’IA. Quatre sénateurs chargés des questions de défense ont également écrit conjointement à Pete Hegseth et Dario Amodei pour les appeler à apaiser les tensions et prolonger les négociations au-delà d’une échéance qualifiée de « précipitée ».
Malgré la brutalité du décret, Donald Trump a concédé une période de transition de six mois au Pentagone et aux agences utilisant déjà des solutions IA d’Anthropic. La société devrait contester en justice la désignation de risque sécuritaire, selon plusieurs médias américains. Ce bras de fer survient à un moment délicat pour l’entreprise, en pleine préparation d’une introduction en Bourse dont les détails n’ont pas encore été finalisés.
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