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Pour se protéger contre les clones générés par intelligence artificielle, les créateurs devront d’abord confier leur visage et leurs papiers d’identité à TikTok. Ce paradoxe accompagne le lancement d’une fonction anti-deepfake testée pour l’instant aux États-Unis auprès d’un groupe volontaire de créateurs.

Le processus repose sur une vérification préalable d’identité gérée par le prestataire Jumio : le créateur transmet un selfie ainsi qu’une pièce d’identité pour prouver qu’il est bien la personne qu’il prétend être. TikTok scanne ensuite l’ensemble des contenus générés par IA présents sur la plateforme et confronte les visages détectés à ceux des créateurs inscrits, avant de soumettre à chacun une liste de correspondances potentielles. Le créateur examine alors ces résultats et signale lui-même les vidéos qui utilisent son visage sans autorisation.
TikTok is testing AI likeness detection for creators@tiktok_us is testing an opt-in Likeness Detection tool with some US creators.
It surfaces AI-generated content that may use a creator’s face without consent. pic.twitter.com/XxTF4nUETz
— Matt Navarra (@MattNavarra) July 17, 2026
Cette approche reproduit la logique de Content ID, l’outil que YouTube avait développé pour repérer les usages non autorisés de musique, avant de l’étendre progressivement aux créateurs, aux célébrités et aux agences de talents pour la détection de visages. TikTok affirme de son côté ne pas conserver les documents d’identité soumis lors de la vérification et limiter l’usage des données faciales collectées au seul repérage des contenus non autorisés.
Ce lancement intervient alors que l’article 50 du règlement européen sur l’intelligence artificielle entre en application le 2 août, imposant un marquage obligatoire et lisible par machine pour tout contenu synthétique. Les deepfakes devront désormais être explicitement signalés comme générés ou manipulés par une IA, sous peine de sanctions qui s’appliqueront à l’issue d’une période de grâce courant jusqu’au 2 décembre.
Les plateformes qui ne respecteront pas cette obligation de marquage s’exposeront à une amende pouvant atteindre 15 millions d’euros ou 3 % de leur chiffre d’affaires mondial annuel si ce montant est plus élevé. Ce calendrier réglementaire place TikTok dans une position où le déploiement rapide d’outils de détection devient autant une réponse aux attentes des créateurs qu’une anticipation des obligations légales à venir en Europe.
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