Le Parlement européen veut à son tour interdire dans toute l’Union européenne les services d’intelligence artificielle capables de dénuder une personne sans son consentement. Déjà soutenue par les États membres, la mesure doit franchir une nouvelle étape en séance plénière le 26 mars.

Mercredi, les commissions des libertés civiles et du marché intérieur ont approuvé un amendement à la législation européenne sur l’intelligence artificielle. Le texte crée une nouvelle interdiction visant les systèmes de « nudification », définis comme des outils qui utilisent l’IA pour créer ou manipuler des images sexuelles ou intimes ressemblant à une personne réelle identifiable, sans l’accord de cette personne.
Michael McNamara, eurodéputé irlandais impliqué dans ce dossier, a défendu une ligne nette en voulant « interdire les applications permettant de dénuder des personnes sans leur consentement qui ont provoqué beaucoup de souffrances au bénéfice de quelques-uns ». Kim van Sparrentak, eurodéputée néerlandaise, a salué « une grande victoire, tout particulièrement pour les femmes et les enfants en Europe ».
Le vote en commission ne suffit pas encore à faire entrer l’interdiction en vigueur. L’ensemble des eurodéputés doit se prononcer le 26 mars, puis le Parlement et les pays membres de l’UE devront s’accorder sur une rédaction similaire pour finaliser la mesure.
Cette séquence s’inscrit dans une dynamique déjà engagée à la Commission européenne. La semaine dernière, les représentants des 27 États membres avaient approuvé une proposition franco-espagnole d’amendement visant elle aussi à bannir « les services d’IA en matière de génération d’images sexuelles et intimes non consenties, ou pédopornographiques ».
Le cas de Grok a servi d’accélérateur
Le durcissement du débat européen suit notamment l’apparition d’une fonctionnalité dans Grok, l’assistant d’intelligence artificielle de xAI, la société d’Elon Musk. Elle permettait aux utilisateurs de demander la création de deepfakes de femmes et d’enfants dénudés à partir de photos réelles.
L’affaire a déclenché un tollé dans plusieurs pays et a conduit à l’ouverture d’une enquête de l’Union européenne. Sous la pression, xAI a restreint mi-janvier la génération d’images de Grok à ses abonnés payants et a assuré bloquer les images sexualisées dans les juridictions où cette pratique est illégale.