YouTube étend aujourd’hui sa fonctionnalité de détection de deepfakes IA aux journalistes, responsables gouvernementaux et politiques, dans le cadre d’un programme pilote. L’outil, déjà accessible à des millions de créateurs de contenu, fonctionne comme Content ID (le système de détection des contenus protégés par droits d’auteur), mais cible cette fois les visages plutôt que les œuvres.

Lorsque l’algorithme détecte une correspondance, la personne concernée peut demander le retrait de la vidéo. YouTube précise que toutes les demandes ne seront pas acceptées : les retraits s’appuient sur sa politique de confidentialité qui ménage des exceptions explicites pour la parodie et la satire. Leslie Miller, vice-présidente des affaires gouvernementales et des politiques publiques de YouTube, formule clairement la limite : « YouTube a une longue histoire de protection de la liberté d’expression qui inclut la parodie, la satire et la critique politique. Si une vidéo d’un dirigeant mondial est clairement une parodie, elle restera probablement en ligne. Nous évaluons chaque demande de retrait selon nos directives de confidentialité de longue date afin de ne pas étouffer le débat civique que nous cherchons à protéger ».
Une protection réservée aux personnalités publiques
Pour rejoindre le programme, les participants doivent soumettre une vidéo d’eux-mêmes ainsi qu’une pièce d’identité. YouTube s’engage à utiliser ces données uniquement pour la détection de deepfakes IA et offre la possibilité de se retirer du programme et d’en demander la suppression à tout moment. À ce stade, le volume de demandes de retrait formulées par les créateurs sous cette politique reste « en réalité très faible » selon YouTube.
Étendre la fonctionnalité à l’ensemble des internautes n’est « probablement pas » au programme, reconnaît YouTube. Les particuliers victimes de deepfakes disposent toutefois d’un recours via un processus de plainte distinct. La plateforme s’attaque par ailleurs plus largement aux dérives de l’IA générative. Elle a récemment sanctionné des chaînes avec des vidéos IA de mauvaises qualité et cumulant des millions d’abonnés, ainsi que des chaînes publiant de fausses bandes-annonces de films générées par IA, le tout au titre de ses politiques anti-spam.
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