Nouvel épisode dans la bataille naissante de “l’agentic commerce”. Un tribunal fédéral de San Francisco a accordé à Amazon une injonction préliminaire visant Perplexity et son navigateur Comet, dont l’assistant IA peut effectuer des achats au nom des utilisateurs. La décision impose à Perplexity de cesser, à titre provisoire, l’usage de cet agent pour accéder aux zones protégées d’Amazon et y réaliser des commandes.
Le cœur du litige : l’accès aux comptes protégés
Dans son ordonnance, la juge fédérale Maxine Chesney estime qu’Amazon a apporté des éléments solides montrant que Comet accédait à des comptes utilisateurs avec l’accord du client mais sans autorisation d’Amazon. Autrement dit, la permission donnée par l’utilisateur ne suffirait pas à légitimer l’accès automatisé à l’infrastructure et aux espaces authentifiés du site, selon l’analyse retenue à ce stade.

Sept jours pour faire appel, puis arrêt et destruction de données
Une suspension temporaire avant application
L’exécution de l’injonction est suspendue pendant sept jours afin de permettre un recours. Passé ce délai, Perplexity devra notamment s’abstenir d’accéder à tout espace nécessitant un mot de passe sur les systèmes d’Amazon et détruire les copies de données Amazon qu’elle aurait constituées dans le cadre de Comet, tant que la procédure se poursuit.
Deux visions opposées de l’IA sur le web
Amazon affirme que cette mesure protège l’intégrité de sa place de marché et « maintient une expérience d’achat fiable » pour ses clients. Perplexity, de son côté, conteste la lecture d’Amazon et assure vouloir « continuer à se battre pour le droit des internautes à choisir l’IA qu’ils souhaitent utiliser ».
Au-delà des deux entreprises, l’affaire pose une question structurante : quand un agent IA agit pour un utilisateur, qui contrôle l’accès, le client, la plateforme, ou les deux ? La réponse pourrait peser lourd sur l’avenir des assistants capables d’acheter, réserver ou payer à notre place.