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Rakuten France a acté sa fermeture définitive après le rejet de deux offres fermes de rachat, l’une portée par Pixmania associé à un fonds d’investissement étranger. Un plan social doit désormais être transmis à la direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Drieets) dans les trois semaines à venir, pour une fermeture effective prévue au troisième ou quatrième trimestre de 2026, révèle Le Figaro.

Implantée en France depuis 2010 via le rachat de PriceMinister, la place de marché commercialisait jusqu’ici de l’électroménager, des jouets, de l’électronique, du bricolage, de la mode et des produits de beauté. Cette fermeture va entraîner la suppression de 180 postes, tandis que le délai jusqu’à la cessation effective doit laisser le temps aux 2 500 vendeurs et aux membres du club R (programme de fidélité) de s’organiser.
La direction de Rakuten France avait engagé ce projet de cessation d’activité en avril, en lançant simultanément une recherche de repreneur pendant trois mois et la préparation d’un plan de sauvegarde de l’emploi, conformément aux obligations de la loi Florange qui impose de rechercher un repreneur avant toute fermeture. Le Comité social et économique (CSE) a rendu un avis négatif sur les deux offres présentées, une position que la direction de Rakuten a également soutenue en validant la décision finale de fermeture.
L’évaluation des candidatures reposait sur trois critères précis : la préservation des emplois, les conditions financières proposées et la pérennité de l’activité à long terme. Aucune des offres soumises n’est parvenue à remplir simultanément ces trois exigences. Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur historique de PriceMinister, figurait pourtant parmi les acquéreurs potentiels, avec une offre montée en partenariat avec le fonds Verdoso et Fabien Versavau, ancien dirigeant de Rakuten France. Ce projet prévoyait une relance de l’activité financée en partie par le groupe japonais lui-même, mais les discussions approfondies menées avec la direction n’ont finalement pas abouti à une solution viable et pérenne.
L’activité de Rakuten France s’inscrit dans une trajectoire de déclin continu depuis une dizaine d’années, avec une baisse de 33 % du nombre de clients et une chute de 42 % du trafic sur la plateforme. Plusieurs observateurs pointent des investissements jugés insuffisants de la part du groupe japonais, qui s’est progressivement réorienté vers la téléphonie et la fintech au détriment de sa branche e-commerce européenne. Le soutien du groupe est resté constant dans le temps, sans toutefois parvenir à inverser cette tendance baissière.
La place de marché a également dû affronter une concurrence de plus en plus dense sur son cœur de métier, avec l’arrivée en force d’Amazon, d’AliExpress, de Temu, de Shein et de Joybuy sur le marché français. Amazon s’est imposé comme le leader incontesté du e-commerce en France depuis le début des années 2000, tandis que le pari de Rakuten sur la vente de produits de seconde main s’est heurté à la domination de Vinted, plateforme en pleine forme sur ce segment spécifique.
Malgré cette fermeture, la direction affirme que le groupe Rakuten reste engagé en France et en Europe à travers ses autres entités, parmi lesquelles Rakuten Symphony, Rakuten TV, Viki, Kobo, Viber, Rakuten Advertising ainsi qu’un centre technologique basé à Paris.
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