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La National Crime Agency (NCA) et l’Internet Watch Foundation (IWF) appellent les parents et tuteurs à cesser d’exposer publiquement des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux. Les deux organismes réagissent à une hausse de 14 % des contenus pédopornographiques générés par intelligence artificielle, avec 8 029 images et vidéos identifiées en 2025 par l’IWF.

Les recommandations visent des gestes simples et immédiats. La NCA et l’IWF conseillent d’utiliser des comptes privés ou des groupes « amis proches » pour partager des photos, puis de passer en revue les anciennes publications déjà visibles publiquement. Elles demandent aussi de relire les accords de consentement signés avec les écoles ou les clubs sportifs, souvent établis avant les récents progrès de l’IA.
Tim Wright de la NCA résume cette ligne de conduite en appelant à agir sans attendre : « Nous encourageons les parents et les personnes qui s’occupent d’enfants à prendre dès aujourd’hui quelques mesures simples ». Lorna Sinclair, également à la NCA, insiste sur l’angle mort du grand public : « Le parent moyen ou la personne qui s’occupe d’un enfant ne publie pas une photo en ligne en pensant qu’elle pourrait être récupérée pour être transformée en CSAM [pédopornographie] ».
Les autorités britanniques décrivent une menace alimentée par des outils d’IA accessibles au public. Des personnes malveillantes récupèrent des images publiées en ligne, les transforment en matériel pédopornographique et n’ont plus besoin d’entrer directement en contact avec leurs victimes pour produire ces contenus. Des mineurs de moins de 18 ans ont déjà été approchés par des maîtres-chanteurs après des deepfakes sexuels générés par IA en se basant sur leurs photos. À l’échelle mondiale, il y avait eu le scandale avec Grok, l’intelligence de xAI utilisée sur X/Twitter.
Les cas recensés montrent que des photos banales suffisent. Des selfies pris avec des enfants entièrement habillés ont été convertis en pornographie extrême par des systèmes d’IA, puis utilisés pour menacer les victimes. Des écoles ont aussi été ciblées : des maîtres-chanteurs ont récupéré des photos d’élèves, ont généré des images pédopornographiques, puis ont menacé de les diffuser.
Le service confidentiel Report Remove, destiné au retrait d’images explicites de mineurs prises sans consentement au Royaume-Uni, a lui aussi signalé des manipulations d’images. Cette évolution élargit le risque bien au-delà des comptes personnels car les sites d’établissements scolaires, d’associations et de clubs sportifs peuvent servir d’espaces pour ces détournements.
La prise de position de la NCA et de l’IWF marque un tournant dans la prévention des abus sexuels en ligne. Dan Sexton de l’IWF formule un avertissement direct : « Je ne sais pas quoi dire d’autre aux parents. Je serais très prudent au sujet de la mise en ligne de photos d’enfants car il n’existe aucune protection ». Dans le même esprit, la NCA et l’IWF déclarent : « Si vous souhaitez partager des photos de votre enfant en ligne, nous vous conseillons de créer un groupe « amis proches » ou de limiter la visibilité pour que seules des personnes sélectionnées puissent les voir ».
Ce message dépasse la seule sphère familiale. Les autorités estiment que les habitudes de publication doivent changer dans les foyers, dans les écoles et dans les organisations qui diffusent des photos de mineurs.
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