Face à des achats massifs à des fins de revente sur sa version multilingue de la Switch 2, Nintendo a suspendu ses ventes au Japon et a mis en place une condition inédite : seuls les joueurs justifiant d’au moins 50 heures de jeu cumulées sur Switch pourront en acquérir un exemplaire.

Deux Switch 2 au Japon et deux prix
Le marché japonais propose deux versions distinctes de la Switch 2. La version domestique, de loin la plus répandue et la seule disponible en commerce général, est verrouillée en japonais et ne peut être associée qu’à des comptes Nintendo paramétrés sur le Japon. La version multilingue, vendue exclusivement sur le Nintendo Store en ligne, fonctionne comme les consoles commercialisées dans le reste du monde et laisse le choix de la langue et de la région. Suite à une récente hausse des prix, la version japonaise est passée de 49 980 yens (270 euros) à 59 980 yens (323 euros), tandis que la version multilingue est restée à 69 980 yens (377 euros).
La faiblesse actuelle du yen crée un différentiel de prix qui attise les convoitises. En France et dans les autres pays, Nintendo augmentera le prix de la Switch 2 de 469,99 euros à 499,99 euros à partir du 1er septembre 2026. À ce tarif et au taux de change actuel, la version multilingue japonaise sera 122 euros moins chère qu’une console achetée en France. Cette situation crée une incitation directe à l’importation via des revendeurs, au détriment des acheteurs japonais légitimes.
Une condition d’achat
Nintendo a réagi en suspendant les ventes de la version multilingue sur sa boutique japonaise après avoir « confirmé plusieurs commandes qui semblaient être du stockage ». Dans un message sur X/Twitter, la société annonce que la console « sera désormais vendue uniquement aux clients qui remplissent les conditions suivantes », avant de préciser : avoir cumulé au moins 50 heures de jeu sur Switch au total avant le 31 mai. Chaque client éligible ne peut acheter qu’un seul exemplaire de Switch 2 multilingue, en comptant les achats déjà effectués.
Cette mesure transforme l’historique de jeu en critère d’accès commercial, une approche sans équivalent dans le secteur. Elle cible les acheteurs opportunistes qui, par définition, ne disposent pas d’un historique de jeu significatif, tout en préservant l’accès aux joueurs établis.