Plus rien n’arrête Nvidia. Le fabricant américain vient de franchir un nouveau seuil symbolique à Wall Street. Le spécialiste des puces graphiques et des accélérateurs d’intelligence artificielle a dépassé les 5 500 milliards de dollars de capitalisation boursière (environ 4 710 milliards d’euros) et atteint à l’heure d’écrire ces lignes les 5700 milliards de dollars (+9% pour le cours). C’est évidemment une première pour une entreprise cotée, qui confirme la place centrale du groupe dans l’économie mondiale de l’IA (et dans l’économie mondiale tout court).
De la GeForce aux data centers IA
Longtemps associé aux cartes graphiques GeForce et au jeu vidéo, Nvidia tire désormais l’essentiel de sa valeur des centres de données. Ses GPU sont devenus l’infrastructure de référence pour entraîner et faire fonctionner les grands modèles d’IA, de ChatGPT aux plateformes concurrentes.

Depuis l’explosion de l’IA générative fin 2022, la trajectoire boursière de Nvidia a changé d’échelle. Sa valorisation a été multipliée à grande vitesse, portée par la demande massive des géants du cloud, des laboratoires d’IA et des entreprises qui construisent leurs propres infrastructures de calcul.
La Chine pourrait relancer encore la machine
Jensen Huang au cœur de la « diplomatie des puces »
Ce nouveau record intervient alors que Jensen Huang accompagne Donald Trump en Chine, dans un contexte de négociations sensibles autour des exportations de semi-conducteurs. Les États-Unis auraient autorisé plusieurs entreprises chinoises, dont Alibaba, Tencent et ByteDance, à acheter des puces H200, les deuxièmes plus puissantes de Nvidia après les Blackwell.
Le marché reste toutefois incertain. Washington veut encadrer les ventes pour limiter les usages militaires, tandis que Pékin pousse ses champions locaux à développer leurs propres puces. Mais pour les investisseurs, le simple retour partiel de Nvidia sur le marché chinois suffit à nourrir l’optimisme.
Les prochains résultats trimestriels, attendus le 20 mai, seront très scrutés dans ce contexte. Nvidia devrait encore afficher des revenus massifs tirés par les data centers. À ce niveau de valorisation, la moindre déception peut peser lourd, mais tant que l’IA réclamera toujours plus de puissance de calcul, Nvidia restera au sommet de son royaume.