La crise de la mémoire vive, aggravée par l’appétit croissant de l’intelligence artificielle, commence à produire des effets de plus en plus visibles sur l’industrie du smartphone. Chez Samsung, l’inquiétude monterait sérieusement autour de la division mobile, au point que certains dirigeants envisageraient désormais un scénario inédit, soit une perte annuelle pour l’activité mobile (MX), pourtant historiquement rentable.
La hausse du prix de la RAM fragilise l’équation du mobile
Le problème est désormais bien identifié. À mesure que les serveurs IA absorbent une part croissante de la production mondiale de mémoire, les fabricants de smartphones doivent composer avec des coûts en forte hausse sur des composants essentiels comme la RAM et le stockage. Or, dans le mobile, la marge de manœuvre tarifaire n’est pas infinie, surtout sur les segments d’entrée et de milieu de gamme, déjà soumis à une concurrence féroce.

Samsung subit ce choc de plein fouet. D’après plusieurs signaux venus de Corée du Sud, TM Roh aurait lui-même évoqué en interne la « possibilité d’un déficit annuel pour l’unité MX ». Une telle formulation montre que l’hypothèse d’une simple « tension passagère » n’est plus suffisante pour décrire la situation actuelle.
Une pression qui dépasse Samsung et touche tout le marché Android
Le cas Samsung n’est pas isolé, mais il est symbolique. Lorsque le leader du marché commence à douter de la rentabilité durable de son activité smartphone, cela dit évidemment quelque chose de profond sur l’état du secteur. Les appareils Android à bas prix sont les premiers touchés, car leurs hausses tarifaires sont plus difficiles à absorber commercialement. Même les grands noms du secteur, Samsung compris, ont déjà commencé à relever certains prix ou à comprimer leurs coûts internes pour préserver leurs marges.
Un avertissement sur l’ère post-smartphone bon marché
Ce contexte pourrait accélérer une transformation silencieuse du marché : celle d’un smartphone devenu plus cher à fabriquer, plus difficile à rentabiliser et de plus en plus concurrencé, en interne même, par les besoins des centres de données et de l’IA. Et si la pénurie mémoire continue de peser, la vraie question ne sera bientôt plus de savoir si les prix augmentent, mais jusqu’où les fabricants pourront encore protéger leurs marges – et donc leur rentabilité – sans casser la demande.
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