La Commission européenne a précisé aujourd’hui les conditions auxquelles Google doit se soumettre pour partager ses données de recherche avec ses concurrents. Un calendrier serré est fixé, avec une décision finale attendue d’ici au 27 juillet et une menace d’amende en cas de non-coopération.

L’UE veut du partage par Google
La Commission européenne exige que Google donne accès à ses données de classement, de requêtes, de clics et de vues à des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires. Les bénéficiaires visés ne se limitent pas aux moteurs de recherche traditionnels : les services d’intelligence artificielle intégrant des fonctions de recherche sont explicitement inclus. L’objectif affiché est de permettre aux concurrents d’optimiser leurs services et de contester la position dominante du moteur de recherche de Google.
Ces exigences s’inscrivent dans une procédure amiable lancée en janvier dans le cadre du Digital Markets Act (DMA). Une consultation publique est ouverte jusqu’au 1er mai, après quoi la Commission pourra ajuster ses mesures avant de rendre sa décision finale. Elle se réserve le droit d’ouvrir une enquête pouvant déboucher sur une amende si Google ne coopère pas.
Google ne conteste pas le principe sur le terrain concurrentiel, mais il attaque sur celui de la protection des données. Clare Kelly, responsable juridique de Google, a déclaré que la proposition obligerait la firme à transmettre à des tiers des données portant sur des questions privées de santé, de famille et de finances, avec des protections « dangereusement insuffisantes ». Elle a qualifié la démarche d’abus de pouvoir dépassant le mandat initial du DMA.
Cet argument intervient dans un contexte de pression accumulée. Google fait déjà l’objet de plusieurs enquêtes DMA ouvertes par la Commission européenne et s’est vu infliger une amende record de 2,95 milliards d’euros par l’Union européenne en septembre 2025 dans le cadre d’une affaire de concurrence antérieure au règlement en lien avec les publicités en ligne.