La Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne interdisent à leurs équipes de communication les visuels entièrement générés par intelligence artificielle dans les communications officielles. L’UE assume ainsi une ligne centrée sur l’authenticité et la confiance, à rebours d’autres pouvoirs qui utilisent déjà ces contenus pour peser dans le débat public.

La doctrine européenne tient en un mot : authenticité. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, le formule ainsi auprès de Politico : « Les vidéos et photos que nous utilisons et mettons à disposition des journalistes ou à des fins d’information officielle n’incluent pas de contenus générés par IA ».
Cette règle ne ferme pas totalement la porte aux outils d’intelligence artificielle. La Commission européenne autorise leur usage pour optimiser des images ou des vidéos, par exemple pour améliorer la qualité d’une image, mais pas pour fabriquer un visuel de toutes pièces.
Une règle pensée pour la confiance
La Commission européenne relie directement cette interdiction à la relation avec le public. Thomas Regnier explique que l’institution veut « favoriser la confiance des citoyens » et que, pour cette raison, « l’authenticité » reste une priorité dans sa communication.
Le Parlement européen suit la même logique avec ses propres consignes internes. Il a diffusé des lignes directrices sur l’usage des outils d’IA générative en insistant sur la vigilance face aux risques inhérents à ces technologies.
Cette prudence repose sur une inquiétude précise. Les institutions européennes redoutent que les images et vidéos générées par IA accroissent la confusion en ligne au moment où la frontière entre le vrai et le faux devient de plus en plus floue.
Le contraste avec les États-Unis et certaines capitales européennes
Le choix de l’Union européenne tranche avec la pratique de Donald Trump qui a fréquemment recours à des contenus générés par IA pour faire passer ses messages. Selon le Poynter Institute, le président des États-Unis a utilisé l’IA dans 36 publications sur son compte Truth Social depuis son investiture.
Parmi les contenus figuraient une image le représentant en pape et une vidéo le montrant déversant des excréments sur des manifestants. La rupture est d’autant plus nette que plusieurs gouvernements européens utilisent eux aussi cette technologie dans leur communication.
Le spectre va de publications du chancelier allemand pour expliquer l’intelligence artificielle à des vidéos deepfakes du Premier ministre hongrois visant l’UE. L’Union européenne choisit donc de faire de sa propre communication un terrain de séparation nette entre amélioration technique et fabrication artificielle d’images ou de vidéos.