Le jury d’un tribunal fédéral de San Francisco a conclu qu’Elon Musk avait induit en erreur des actionnaires de Twitter lors de son rachat du réseau social pour 44 milliards de dollars en 2022. Les dommages, estimés à 2,6 milliards de dollars par les avocats des plaignants, restent à déterminer. Quelques minutes après l’annonce du verdict, les avocats d’Elon Musk ont annoncé leur intention de faire appel.

Le jury a ciblé deux tweets publiés par Elon Musk en mai 2022 dans lesquels il remettait en question le nombre de faux comptes sur Twitter, affirmant que la plateforme sous-estimait largement les 5 % de comptes spam déclarés dans ses documents réglementaires. Après la publication du premier message, le cours de Twitter avait plongé de 17 % en deux séances à la Bourse, poussant certains actionnaires à vendre leurs titres avec une décote supérieure à 30 % par rapport au prix finalement payé par Elon Musk.
Les plaignants soutenaient que cette communication faisait partie d’une stratégie délibérée pour faire pression sur le conseil d’administration de Twitter afin d’obtenir un prix inférieur à l’offre initiale, dans un contexte où la chute du cours de Tesla rendait le financement du rachat plus coûteux. Le jury a toutefois rejeté cette accusation de manœuvre frauduleuse intentionnelle, établissant la tromperie sans en retenir le caractère délibéré.
Une rare défaite pour Elon Musk
Le verdict tranche avec les précédents judiciaires d’Elon Musk. En 2023, devant ce même tribunal fédéral de San Francisco, un jury l’avait exonéré en quelques heures d’accusations similaires portées par des actionnaires de Tesla, après qu’il avait tweeté en 2018 avoir les fonds pour racheter le constructeur automobile. Ses avocats ont également rappelé qu’un tribunal du Texas l’avait récemment exonéré dans une procédure en diffamation distincte.
Le rachat lui-même s’était conclu dans la turbulence : après sa tentative de se désengager de l’accord, Twitter avait poursuivi Elon Musk dans le Delaware pour le contraindre à honorer ses engagements. Peu avant l’ouverture de ce procès, l’homme le plus riche au monde avait fait volte-face et avait payé le prix initial, avant de rebaptiser la plateforme en X.