La NASA vient de publier un rapport de 312 pages qui fait l’effet d’une onde de choc dans l’industrie spatiale. Le vol habité du Boeing Starliner en 2024 est en effet désormais classé « Type A », le niveau le plus grave dans la nomenclature de l’agence, une qualification habituellement réservée aux accidents mortels ou à la perte totale d’un véhicule spatial.
Une mission de huit jours transformée en épreuve de neuf mois
Initialement prévue pour une courte rotation vers la Station spatiale internationale, la mission s’est prolongée pendant neuf mois pour les astronautes Suni Williams et Butch Wilmore (ci-dessous). En cause, des anomalies majeures affectant les propulseurs et des fuites d’hélium qui ont compromis la manœuvrabilité de la capsule.

Les deux vétérans ont finalement regagné la Terre en mars 2025 à bord d’un vaisseau de secours opéré par SpaceX. Selon le nouvel administrateur de la NASA, Jared Isaacman, les défaillances observées « n’auraient jamais dû être acceptées pour un vol habité ».
Des défaillances techniques et organisationnelles
Une chaîne de décision mise en cause
L’enquête pointe une combinaison préoccupante de matériel défectueux, de procédures incomplètes et d’erreurs de supervision. La NASA reconnaît avoir sous-estimé plusieurs signaux d’alerte identifiés avant le lancement de juin 2024.

Boeing fragilisé, SpaceX renforcé
Pour Boeing, déjà affaibli par des retards répétés et des surcoûts, cette classification constitue un revers majeur. L’agence exige désormais une refonte complète des processus de certification et un contrôle accru des systèmes de propulsion. Dans ce contexte, SpaceX s’impose plus que jamais comme le partenaire clé des États-Unis pour l’accès à l’orbite basse.
Au-delà du cas Starliner, ce rapport marque un tournant dans la gouvernance des vols habités. En reconnaissant publiquement ses propres lacunes, la NASA cherche visiblement à restaurer une culture de sécurité irréprochable. Reste à savoir si cette crise servira de catalyseur pour consolider durablement les relations entre l’État et les industriels privés.