La décision des autorités russes de restreindre l’accès à Telegram sur leur territoire pourrait produire l’effet inverse de celui escompté. Moscou a récemment multiplié les blocages d’applications occidentales, dont WhatsApp et Telegram, officiellement pour protéger les citoyens russes et favoriser l’adoption de solutions nationales comme Max, une messagerie publique non chiffrée.
Problème : Telegram est largement utilisé par les forces russes pour coordonner leurs opérations en Ukraine. Selon plusieurs canaux pro-russes, cette coupure soudaine perturberait directement les communications militaires, aussi bien pour l’échange d’informations tactiques que pour la diffusion d’ordres en temps réel !
Starlink également dans la balance
À cette restriction s’ajoute la limitation d’accès aux terminaux Starlink non autorisés, opérée plus tôt ce mois-ci. Le réseau satellitaire jouait un rôle clé dans la coordination des frappes de drones russes. Des diplomates européens évoquent un impact significatif sur les capacités de communication du Kremlin.

Un opérateur ukrainien de drones, cité par la BBC sous le pseudonyme de Giovanni, estime que l’armée russe a perdu « sa capacité à contrôler le terrain » après la coupure de Starlink. « Je pense qu’ils ont perdu 50 % de leur capacité offensive. C’est ce que montrent les chiffres : moins d’assauts, moins de drones ennemis, moins de tout », affirme l’opérateur.
Un équilibre militaire fragilisé
Si ces effets contre-productifs restent incertains sur le long terme, cette double contrainte technologique illustre la dépendance croissante des armées modernes aux infrastructures numériques. Dans un conflit où la supériorité informationnelle est déjà déterminante, la bataille des réseaux pourrait bien influencer l’évolution de la guerre en Ukraine, sans même parler des possibles conflits à venir…