Sony Pictures a adressé une lettre de mise en demeure à ByteDance, exigeant le retrait immédiat de ses propriétés intellectuelles qui sont utilisées sans autorisation pour Seedance 2.0, dont Breaking Bad et les films Spider-Verse. Seedance 2.0 est l’outil de ByteDance qui génère des vidéos IA réalistes. Sony devient ainsi le cinquième studio à s’attaquer directement à la maison-mère de TikTok, après Disney, Paramount, Warner Bros et Netflix.

Dans sa lettre, Jill Ratner, directrice juridique de Sony Pictures Entertainment, ne laisse aucune ambiguïté sur la qualification des faits : « Compte tenu de la nature flagrante des productions de Seedance 2.0 et de l’absence totale de garde-fous de droits d’auteur observables au lancement, Sony Pictures Entertainment ne peut que conclure que les infractions de ByteDance sont délibérées ». Elle ajoute : « Sony Pictures Entertainment ne tolérera pas des mesures tardives ou bâclées ».
ByteDance a déjà promis de renforcer ses mesures contre l’utilisation non autorisée des images d’acteurs et d’autres personnages de licences, sans pour autant calmer les protestations. La Motion Picture Association (MPA), qui représente les cinq studios ainsi qu’Amazon et Universal, avait été la première à réagir lorsque son dirigeant Charles Rivkin a réclamé l’arrêt immédiat des vidéos générées par intelligence artificielle avec Seedance 2.0. Depuis, les vidéos IA continuent de circuler sur les réseaux sociaux : scènes de combat entre superhéros, fins alternatives de Game of Thrones ou Stranger Things, et plus encore.
S’attaquer à ByteDance n’est pas simple
La menace judiciaire est réelle, mais se heurte à un obstacle de taille. Disney, Warner Bros et Universal poursuivent déjà en justice MiniMax et Midjourney pour leurs modèles de vidéo IA. MiniMax, comme ByteDance, est une société basée en Chine. Selon un document judiciaire, l’avocat des studios a appris via le ministère chinois de la Justice, sous la convention de La Haye, que les assignations pourraient prendre de 18 à 24 mois.
Toute action contre ByteDance se heurterait aux mêmes délais. Netflix a beau avoir menacé de poursuites immédiates, l’immédiateté de l’action judiciaire et celle de son exécution effective sont deux réalités très différentes lorsque le défendeur opère depuis la Chine.