La matière noire, qui n’émet ni n’absorbe aucune lumière, représenterait près de 85 % de la masse totale de l’Univers. Longtemps insaisissable, elle pourrait pourtant expliquer l’existence d’objets cosmiques aussi discrets qu’énigmatiques. C’est le cas de CDG-2, une galaxie à très faible luminosité de surface récemment mise en lumière grâce au télescope spatial Hubble de la NASA et de l’ESA.
Publiée dans The Astrophysical Journal Letters, l’étude suggère que CDG-2 pourrait figurer parmi les galaxies les plus riches en matière noire jamais identifiées. Environ 99 % de sa masse serait ainsi constituée de cette substance invisible, ne laissant qu’une infime fraction à la matière ordinaire.
Détectée grâce à ses amas globulaires
Située dans l’amas de Persée, une région particulièrement dense en étoiles, CDG-2 se distingue par sa discrétion. Les astronomes ont d’abord repéré un regroupement inhabituel de quatre amas globulaires (voir ci-dessous). En combinant les observations de Hubble, du télescope Euclid et du Subaru Telescope à Hawaï, les scientifiques ont alors détecté une faible lueur diffuse, suggérant qu’il s’agissait en fait d’une seule et même galaxie.

« C’est la première galaxie détectée uniquement grâce à sa population d’amas globulaires », explique David Li, auteur principal de l’étude et astronome à l’Université de Toronto.
Un laboratoire pour comprendre la matière noire
CDG-2 afficherait une luminosité équivalente à environ six millions de Soleils, dont 16 % proviendraient de ses amas globulaires. Le reste de sa masse semble dominé par la matière noire. Les chercheurs estiment que son gaz d’hydrogène aurait été arraché par l’environnement extrême de l’amas de Persée, freinant la formation d’étoiles.
Qu’elle soit qualifiée de « galaxie sombre » ou simplement atypique, CDG-2 offre un terrain d’étude précieux pour tester les modèles cosmologiques actuels. Une nouvelle pièce du puzzle qui rappelle combien l’Univers reste largement gouverné par l’invisible.