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Tesla a publié ses résultats trimestriels fin janvier 2026 avec un scénario devenu familier : des chiffres légèrement supérieurs aux attentes de Wall Street, mais une dynamique automobile qui s’essouffle. Derrière ce contraste, l’entreprise d’Elon Musk assume désormais un virage stratégique beaucoup plus radical. L’annonce la plus symbolique concerne ses deux modèles historiques haut de gamme : les Model S et Model X, appelées à disparaître du catalogue au profit d’une réallocation des capacités industrielles vers la robotique et l’autonomie.

Sur le trimestre, Tesla a affiché un bénéfice par action ajusté de 0,50 dollar, quand le consensus tablait autour de 0,45–0,46 dollar. Le chiffre d’affaires s’établit à 24,9 milliards de dollars, là encore légèrement au-dessus des estimations. Cette performance « meilleure que prévu » ne doit toutefois pas masquer la tendance de fond : les revenus reculent d’environ 3% sur un an, et le bénéfice par action était plus élevé à la même période l’an dernier (0,73 dollar).
La profitabilité reste sous contrainte. Tesla évolue dans un marché plus compétitif, où les baisses de prix successives ont dopé les volumes à court terme tout en comprimant les marges. La société met en avant des efforts d’efficacité industrielle et une discipline sur les coûts, mais l’équation reste délicate : maintenir l’attractivité de ses véhicules tout en finançant des investissements massifs dans des projets à long cycle (autonomie, robotaxi, robotique, IA).
Dans ce contexte, dépasser les attentes suffit souvent à soutenir le titre, car une partie des investisseurs anticipait un trimestre plus difficile. Mais l’enjeu n’est plus seulement de « faire mieux que le consensus » : Tesla cherche à convaincre qu’elle dispose d’un nouveau moteur de croissance, moins dépendant de la vente de voitures et davantage fondé sur des revenus logiciels et des plateformes de mobilité.
La conduite autonome est redevenue le cœur du récit. Tesla met en avant des trajets de robotaxi dits « non supervisés » à Austin, au Texas, où un service a commencé à être déployé fin janvier 2026. L’entreprise évoque une flotte déjà significative et un objectif clair : étendre le service à d’autres marchés au fil de 2026, sous réserve d’autorisations réglementaires et de validations opérationnelles.
D’après les informations partagées lors de la conférence avec les analystes, Tesla vise notamment des lancements dans plusieurs grandes villes américaines. Parmi les noms cités figurent Dallas et Houston (en continuité géographique avec Austin), ainsi que Las Vegas et Phoenix. D’autres zones métropolitaines sont également évoquées dans l’orbite d’un déploiement progressif, à mesure que l’encadrement légal et l’acceptation du public évolueront.
Cette stratégie s’inscrit dans une ambition plus large : transformer Tesla en plateforme de mobilité pilotée par le logiciel. L’idée est simple sur le papier : un véhicule devient un terminal capable de générer des revenus récurrents via des fonctionnalités logicielles (conduite assistée avancée, services de robotaxi, mises à niveau). Dans les faits, la transition peut peser sur les marges automobiles à court terme, car la comptabilisation et la structure des revenus ne ressemblent plus à une vente « one shot » traditionnelle.
Autre élément à surveiller : la robustesse du système en conditions réelles. Plusieurs observateurs soulignent que les déploiements « non supervisés » peuvent s’accompagner de dispositifs de support opérationnel (supervision à distance, véhicules suiveurs, géofencing strict), ce qui rappelle que la route vers un service entièrement autonome, généralisé et rentable est autant technologique que réglementaire.
Le changement de cap se matérialise par l’arrêt programmé des Model S et Model X, deux véhicules qui ont construit l’image premium de Tesla. Selon Elon Musk, la production doit être arrêtée au cours du deuxième trimestre 2026. Le dirigeant a justifié la décision en expliquant, en substance, que ces programmes arrivaient au terme de leur cycle. « Il est temps de mettre fin aux programmes Model S et Model X », a-t-il déclaré lors de l’échange avec les investisseurs, précisant que l’arrêt interviendrait dès le trimestre suivant.
Au-delà du symbole, l’annonce répond à une logique industrielle : la capacité de l’usine de Fremont doit être réorientée. Tesla veut libérer de l’espace et des ressources pour accélérer d’autres lignes de production, notamment autour du robot humanoïde Optimus. C’est un marqueur fort : le constructeur accepte de réduire encore le poids de ses modèles historiques pour concentrer ses efforts sur ce qu’il considère comme ses prochaines plateformes de rupture.
Depuis plusieurs années, les Model 3 et Model Y concentrent la majorité des volumes, tandis que les Model S et X occupaient un créneau de niche, coûteux à maintenir et moins central dans la bataille des prix. Dans un marché où la concurrence se densifie (et où la guerre des tarifs ne faiblit pas), Tesla semble privilégier ses produits à rotation rapide et ses futurs services plutôt que des véhicules haut de gamme aux ventes plus confidentielles.
Cette bascule vers l’IA, la robotique et l’autonomie a un coût. Tesla prévoit de porter ses investissements annuels au-delà de 20 milliards de dollars en 2026, soit un niveau nettement supérieur à celui des années précédentes. Plusieurs chantiers sont évoqués : industrialisation du Cybercab (le robotaxi dédié), montée en cadence d’Optimus, développement de capacités autour des batteries (dont des chimies LFP), et infrastructures pour le stockage d’énergie.
Autre annonce notable : Tesla a confirmé un investissement de 2 milliards de dollars dans xAI, la société d’intelligence artificielle fondée par Elon Musk. Le signal est clair : Tesla entend renforcer ses liens avec l’écosystème IA du dirigeant, avec l’idée de mutualiser des briques technologiques et des capacités de calcul au service de l’autonomie et de la robotique.
Alors que l’automobile traverse une phase de maturité plus difficile, l’activité énergie continue de gagner en importance. Sur l’année, Tesla indique que ce segment a progressé fortement, avec une hausse d’environ 26% et des revenus autour de 12,8 milliards de dollars. Megapack, Powerwall et les projets liés au stockage stationnaire apparaissent de plus en plus comme un second pilier, capable de lisser la cyclicité du marché automobile.
Ce point est crucial pour l’histoire que Tesla cherche à raconter : une entreprise moins dépendante d’un seul produit, avec des relais de croissance complémentaires (énergie, logiciel, services de mobilité). Pour les investisseurs, l’enjeu est de comprendre si ces activités peuvent, à terme, compenser l’érosion des marges automobiles et financer durablement l’ambition robotaxi/Optimus sans mettre sous tension la génération de trésorerie.
Au final, Tesla semble accepter une période de transition où les indicateurs traditionnels de l’industrie automobile ne racontent plus toute l’histoire. Entre l’arrêt annoncé des Model S et Model X, l’accélération des dépenses d’investissement, la mise en scène du robotaxi à Austin et la montée en puissance de l’énergie, l’entreprise prépare un changement d’identité : moins constructeur au sens classique, davantage acteur de plateformes, de logiciels et de robotique. Reste la question la plus difficile, celle de l’exécution, car transformer une promesse technologique en service de masse, rentable et réglementairement accepté, est un marathon où le calendrier compte autant que la performance technique.
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