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Et si, demain, un robot n’avait plus de forme fixe ? Des chercheurs viennent de présenter une nouvelle approche de la robotique modulaire : des machines composées uniquement de “jambes” autonomes capables de s’assembler en une multitude de configurations. Publiée dans la revue scientifique PNAS, cette étude décrit des prototypes qui peuvent passer d’un module isolé à un quadrupède ou à des formes plus inattendues, en fonction du nombre d’éléments connectés.
Le principe repose sur des modules appelés “jambes autonomes”. Chaque unité embarque sa propre alimentation, ses capteurs, un processeur et ses actionneurs. Seule, elle peut déjà réaliser des mouvements simples : rouler, pivoter autour d’un noyau sphérique, voire effectuer de petits sauts. L’idée est de réduire au maximum les préconceptions humaines sur la forme d’un robot, pour laisser la “morphologie” émerger en fonction de la tâche et de l’environnement.
Chaque module dispose de 18 zones d’accroche. Résultat : deux unités peuvent être assemblées de centaines de façons, et dès cinq modules, l’espace des possibilités se chiffre en centaines de milliards de combinaisons. Dans certaines architectures, des modules cessent même d’être des “jambes” au sens strict : ils deviennent une colonne vertébrale ou un élément de soutien qui ne touche plus le sol pendant la marche.
Ces robots affichent une locomotion parfois dérangeante, proche d’un déplacement arachnéen, mais leur intérêt est très concret : ils peuvent être rapidement réassemblés, adaptés à un terrain irrégulier, voire continuer à fonctionner malgré des dommages structuraux. En revanche, ils ne savent pas encore “absorber” de nouveaux modules de façon autonome, se reconfigurer pour se réparer, ni se répliquer.
À mesure que ces « briques autonomes » seront standardisées et produites en série, la robotique pourrait gagner une nouvelle forme de flexibilité, avec des machines capables d’évoluer sur le terrain et de s’adapter rapidement à tout type d’environnement.
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