Le réseau social décentralisé Bluesky tourne une page importante de sa petite histoire. Jay Graber, figure centrale du projet depuis sa transformation en société indépendante en 2021, a annoncé quitter son poste de directrice générale. Graber reste toutefois à bord : l’ancienne CEO devient en effet Chief Innovation Officer, une fonction recentrée sur la « brique technologique » de Bluesky, le protocole AT au cœur de l’ambition “anti-Twitter”.
Toni Schneider aux commandes, la phase de structuration commence
Pour assurer la transition, Bluesky confie l’intérim à Toni Schneider, un profil bien connu dans la Silicon Valley. Ex-dirigeant d’Automattic (maison mère de WordPress), ce dernier est aussi associé chez True Ventures, un fonds qui compte parmi les investisseurs de la plateforme. Schneider suivait déjà le dossier de près, puisqu’il conseillait Bluesky depuis environ deux ans.

L’enjeu affiché est clair : passer d’une dynamique de produit portée par l’innovation à une logique d’exécution, de montée en charge et d’organisation. Le conseil d’administration a d’ailleurs lancé la recherche d’un ou d’une CEO permanent(e), un choix sur lequel Graber conservera une influence via son siège au board.
43 millions d’utilisateurs, mais des défis à l’échelle
Entre croissance et concurrence
Bluesky revendique désormais 43 millions d’utilisateurs, une progression dopée par les vagues de départ depuis X. Malgré cette accélération, la plateforme reste loin des mastodontes : Threads évolue dans une autre catégorie en volume.
Âge, modération, décentralisation : l’équation délicate
La transition intervient aussi alors que Bluesky doit composer avec de nouvelles lois américaines sur la vérification d’âge, et avec une modération régulièrement contestée par une partie de la communauté. La question est désormais de savoir si Bluesky peut gagner en maturité opérationnelle sans diluer ce qui fait son identité : un réseau plus ouvert, plus portable, pensé aussi pour ne pas enfermer les utilisateurs dans une seule plateforme.