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A quelques encablures de la prochaine génération de consoles, PlayStation reste certes une marque (très) dominante mais l’accumulation de décisions récentes donne l’impression d’une stratégie de plus en plus difficile à décoder. Entre l’abandon programmé des jeux physiques, la rupture inattendue avec Hideo Kojima et l’accueil critique pour le moins mitigé de Marvel’s Wolverine, Sony Interactive Entertainment accumule les embûches, au point de redonner de l’air à un concurrent que beaucoup voyaient moribond.
L’annonce du mois de juillet reste emblématique des difficultés actuelles de PlayStation. Sony a confirmé que la production de disques pour les nouveaux jeux PlayStation cessera en janvier 2028, ce qui annonce du même coup la fin du marché de l’occasion, du prêt entre joueurs, ainsi que de la collection de titres en physiques (notamment les versions collector). Cette décision majeure a été communiquée par un simple article du PlayStation Blog, sans aucunes garanties pour les joueurs. Le constructeur s’est contenté de justifier ce virage en déclarant que « la préférence générale pour les supports numériques dépasse largement celle pour les disques physiques ». Les 10 à 20% de joueurs qui consomment encore du jeu physique sont donc passés par pertes et profits, tout comme les quelques régions du monde n’ayant pas d’accès au PSN.

Face aux nombreuses réactions, Sony a ensuite confirmé que cette décision était définitive, tout en reconnaissant les inquiétudes de sa communauté (pour ce que ça change). Le fond peut se défendre économiquement, mais la manière a de quoi laisser davantage perplexe.
L’autre signal préoccupant concerne Physint, le projet d’Hideo Kojima finalement abandonné par PlayStation puis récupéré par le concurrent Xbox. Sony précise qu’ « Après mûre réflexion, nous avons pris la difficile décision de nous retirer de notre collaboration avec KOJIMA PRODUCTIONS sur son projet PHYSINT ». Pour un projet annoncé en grande pompe il y a deux à peine comme une collaboration prestigieuse avec l’un des créateurs historiques de la marque, le retournement est spectaculaire.

Dans le même temps (le timing est cruel), Marvel’s Wolverine, l’une des exclusivités PS5 les plus attendues, affiche autour de 77/100 sur Metacritic peu de temps avant sa sortie du 15 septembre. Un résultat honorable dans l’absolu, mais décevant pour une production AAA dont le coût est estimée entre 200 et 300 millions de dollars. La note moyenne du titre est même la pire obtenue par un studio PlayStation, et se situe nettement sous les précédents jeux Spider-Man du même studio Insomniac. Plutôt décevant pour un titre censé incarner le savoir-faire des PlayStation Studios.
Sony continue pourtant d’alimenter son calendrier. Le State of Play de juin, puis celui de septembre, ont présenté de nombreux jeux, mais là encore rien qui puisse réellement enthousiasmer la foule des joueurs. Toutes les décisions récentes de PlayStation donnent en fait l’impression désagréable que la firme japonaise (mais pilotée des États-Unis), considère que sa base de joueurs est désormais littéralement captive et qu’il n’y a plus de gants à prendre pour annoncer des décisions globalement tournées vers la recherche de rentabilité (et uniquement cela, ce qui est plus problématique). Pour ne rien arranger, les jeux first party, bastion intouchable de PlayStation, ne parviennent plus à donner le change dans cette situation complexe.

Les lacunes de Wolverine, qui semblent en grande partie liées à un game design trop soucieux de plaire à tout le monde (et qui au final ne va enthousiasmer personne) pourraient aussi être le résultat d’une stratégie de prise de risque minimale. L’abandon du Physint de Kojima, projet de niche s’il en est, serait lié à cette même crainte de la nouveauté ainsi qu’à des coûts fluctuants sans garanties de retour sur investissements. Une information qui semble confirmer que la direction actuelle du groupe préfère rationaliser ses dépenses (après la gabegie des nombreux projets GaaS annulés en interne) plutôt que de produire les coûteuses créations d’un auteur de prestige. Xbox, qui a pourtant ses propres soucis, n’a pas perdu l’occasion de récupérer un concepteur de JV à la stature légendaire.
Les errances actuelles de PlayStation posent surtout de nombreuses questions concernant l’avenir de la branche jeu de Sony et de la prochaine génération de consoles. Quel rôle pour les productions maison ? Quelle stratégie et quelles garanties pour le joueur après l’arrêt du physique ? Quels critères déterminent les partenariats externes ? Quelle identité pour la prochaine génération de jeux et de consoles PlayStation ? Beaucoup de questions légitimes… pour très peu de réponses, si ce n’est l’historique des décisions récentes qui a de quoi refroidir.
Pris séparément, chaque choix actuel de Sony peut avoir sa logique. Mis bout à bout sans explication d’ensemble, ils donnent surtout aujourd’hui l’image d’une marque qui prend des décisions importantes avec comme seul curseur la recherche d’un profit rapide, le risque étant de perdre à terme une part de l’ADN qui lui a fait gagner le cœur de dizaines de millions de joueurs dans le monde.
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11 Sep. 2026 • 17:00
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