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Le rachat de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free pour 20,35 milliards d’euros ne couvrirait pas 3 000 salariés sur les 8 000 employés de l’opérateur, tandis que des suppressions de postes deviennent probables à partir de 2029. Le consortium promet de ne pas modifier l’emploi avant le début de cette année-là, ce qui reporte sans effacer l’incertitude pour plus de 5 000 personnes.

Bouygues Telecom doit reprendre 2 300 salariés en intégrant une partie des services aux entreprises, alors que Free n’en reprendra que 54 avec l’activité RED by SFR et qu’Orange prévoit entre 250 et 300 transferts. Cette répartition laisse hors des périmètres connus une part majoritaire des 6 600 salariés de SFR concentrés au siège, dans les services techniques et dans la relation client.
Olivier Louise, secrétaire général de la CFTC Bouygues Telecom, a détaillé à Libération l’écart entre les activités cédées : « Free rachète uniquement l’activité low cost disponible exclusivement en ligne, Red, qui nécessite peu d’emplois », tandis que Bouygues Telecom « va intégrer la partie services aux entreprises qui nécessite des équipes nombreuses pour le service client ». Le syndicaliste estime aussi que les moyens de Free restent insuffisants pour répondre aux attentes des clients, alors que la migration de ces derniers doit s’étaler sur douze mois.
Le réseau commercial concentre une autre zone de risque : seules 120 des 293 boutiques SFR seraient reprises, plaçant 1 000 emplois en danger, tandis que les 240 boutiques franchisées exposent 1 500 postes supplémentaires. Ces salariés ne bénéficient pas de la même visibilité que les 2 300 employés promis à Bouygues Telecom, alors que le consortium fixe le début de 2029 comme horizon de sa garantie sur l’emploi.
S’ajoute à cela l’État qui n’a pas envie de se mêler de l’affaire des emplois avec le rachat de SFR. « Nous avons sollicité le ministère du Travail et celui de l’Économie. L’un comme l’autre nous ont indiqué qu’il ne s’agit pas de leur périmètre d’intervention », regrette Olivier Louise.
La rachat effectif de SFR visera le second semestre de 2027, après une instruction de l’Autorité de la concurrence sur 18 mois et un avis attendu de l’Arcep. Le régulateur des télécoms peut recommander le maintien de l’emploi, sans que cette possibilité ne lève les craintes syndicales sur les synergies à venir.
Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC Orange, rapporte qu’« une direction nous dit sans cesse que nous sommes trop nombreux et qu’il faut des synergies », alors que les suppressions envisagées émergeraient dès la fin de la garantie de début 2029.
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