Nvidia a profité de la visite à Séoul de son directeur général, Jensen Huang, pour poser les bases d’un chantier d’infrastructure de très grande ampleur en Corée du Sud. Le groupe y prépare avec SK Telecom un data center pour l’intelligence artificielle à l’échelle du gigawatt, avec une première usine annoncée pour 2027.

Ce projet donne son poids à l’ensemble des annonces dévoilées autour du déplacement. Nvidia et SK Telecom veulent bâtir une capacité destinée aux services d’intelligence artificielle souveraine, physique et agentique pour les entreprises et les secteurs industriels du pays. L’ambition dépasse déjà le marché sud-coréen, puisque les deux partenaires visent aussi une extension vers les grandes régions d’Asie. Le montant de l’investissement reste toutefois absent à ce stade.
La RAM devient le point critique
L’autre annonce majeure touche le nerf industriel de l’intelligence artificielle. SK Hynix, qui appartient comme SK Telecom au conglomérat SK Group, a lancé un partenariat technologique pluriannuel avec Nvidia pour développer des puces mémoire avancées destinées aux systèmes d’IA. Ce choix cible un maillon sous forte pression car la mémoire vive, à savoir la RAM, subit déjà la poussée de la demande mondiale.
Le président du groupe SK, Chey Tae-won, a promis de doubler la capacité de production des tranches de silicium utilisées pour fabriquer cette mémoire vive. Il a pourtant prévenu que les tensions pourraient durer jusqu’en 2030, le temps de construire de nouvelles usines. Cette échéance donne une mesure concrète du problème : la course à l’intelligence artificielle dépend autant du logiciel que de la capacité à produire les composants les plus sollicités.
Nvidia élargit son ancrage local
Nvidia ne limite pas sa présence sud-coréenne à l’infrastructure et aux puces mémoire. Le groupe a aussi annoncé des collaborations dans l’intelligence artificielle avec Naver et LG, ainsi qu’un accord avec Doosan Group dans la robotique.
Cette série d’alliances montre une stratégie plus vaste qu’un simple projet de data center. Nvidia cherche à s’insérer dans plusieurs couches du tissu industriel coréen, des services numériques aux applications robotiques, en passant par les composants critiques. La Corée du Sud apparaît ainsi comme un terrain d’industrialisation complet.
Nvidia aborde cette séquence en position de force. Le groupe doit sa domination à ses cartes graphiques (GPU), d’abord conçus pour le calcul d’images et les jeux vidéo, puis devenus la base matérielle de l’intelligence artificielle moderne. Il a récemment étendu cette offensive avec RTX Spark, une puce puissante pour ordinateurs portables sous Windows, signe d’une ambition plus nette dans les PC grand public.
Ces annonces sud-coréennes arrivent alors que gouvernements et entreprises injectent des centaines de milliards de dollars dans les infrastructures d’intelligence artificielle. Dans ce contexte, la valorisation de Nvidia a déjà dépassé 5 000 milliards de dollars.