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L’État de New York a décidé de cesser toute délivrance de permis de construction pour les data centers de grande envergure, une mesure inédite pour un État américain. Ce moratoire d’un an cible spécifiquement les infrastructures dont la capacité atteint ou dépasse 50 mégawatts, notamment en lien avec l’intelligence artificielle.

La gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, justifie cette décision par les risques que représente l’expansion du secteur pour les ressources locales. « Alors que le développement des data centers menace de faire grimper les factures d’eau et d’électricité, de puiser dans nos ressources naturelles et de créer de l’incertitude pour les New-Yorkais, il est de ma responsabilité d’agir et de montrer la voie », a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Kathy Hochul a précisé l’ambition de cette pause réglementaire en affirmant vouloir imposer un cadre exemplaire au niveau national. « New York va montrer l’exemple en mettant en place les normes les plus strictes du pays pour le développement des data centers, en veillant à ce que, lorsque les entreprises réussissent grâce à New York, les New-Yorkais en bénéficient aussi », a-t-elle ajouté. Cette initiative new-yorkaise contraste avec l’échec d’une tentative similaire dans l’État du Maine, où un moratoire adopté en avril avait été bloqué par la gouverneure Janet Mills, celle-ci ayant justifié son veto par la volonté de ne pas freiner la construction d’un data center dans une ville durement touchée par la fermeture d’une usine.
Le débat autour des data centers oppose deux camps aux arguments bien identifiés. Les détracteurs de ces infrastructures pointent plusieurs nuisances :
Les partisans du secteur avancent en retour deux arguments principaux : bloquer ce développement nuirait à l’emploi local et laisserait le champ libre à la Chine dans la course mondiale à l’intelligence artificielle.
Une étude d’Allianz Trade publiée en juin chiffre précisément l’ampleur de l’empreinte environnementale du secteur. Selon cette analyse, les émissions de CO2 liées aux data centers atteignaient 286 millions de tonnes en 2025, un chiffre que l’assureur-crédit projette à 643 millions de tonnes d’ici 2030. La consommation d’eau suit une trajectoire tout aussi préoccupante, passant de 814 milliards de litres en 2025 à une estimation de 1 800 milliards de litres en 2030 selon la même étude.
Cette explosion des impacts environnementaux s’inscrit dans un contexte de croissance économique sans précédent pour le secteur, directement alimentée par l’essor de l’intelligence artificielle. Les dépenses de construction de data centers aux États-Unis ont fortement augmenté ces dernières années, portées par des investissements cumulés se chiffrant en dizaines de milliards de dollars. L’étude souligne par ailleurs que 70 % des émissions mondiales liées à ces infrastructures se concentrent aux États-Unis et en Chine, les deux principales puissances engagées dans la course à l’intelligence artificielle.
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