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À Dalian en Chine, lors du « Davos d’été », le Premier ministre chinois Li Qiang a salué l’accélération de l’intelligence artificielle tout en mettant en garde contre ses dérives. Cette prise de parole intervient alors que la Chine cherche aussi à peser sur les futures règles mondiales de gouvernance face aux États-Unis.

« Le rythme des progrès technologiques est d’une rapidité sans précédent » et « l’intelligence artificielle, en particulier, a considérablement accru l’efficacité de l’innovation », a déclaré Li Qiang. Mais le chef du gouvernement chinois a immédiatement assorti cet éloge d’un avertissement beaucoup plus ferme sur les risques que la technologie fait peser sur les sociétés et les États.
Li Qiang a estimé qu’il devenait impossible d’ignorer les menaces qui accompagnent la montée en puissance de l’IA. « Cependant, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur les risques de perte de contrôle des technologies et de dérive éthique, de plus en plus prégnants dans l’évolution actuelle. Si la gouvernance nécessaire ne suit pas le rythme, les conséquences pourraient être lourdes », a-t-il averti.
Derrière cette mise en garde, la Chine vise un spectre large de dangers. Le gouvernement chinois pointe à la fois les bouleversements de l’emploi, l’échappement au contrôle humain, les biais discriminatoires, les cyberattaques et les usages militaires. En tenant ce discours publiquement, Li Qiang cherche à montrer que la Chine ne veut pas seulement apparaître comme une puissance d’exécution technologique, mais aussi comme un acteur de l’encadrement politique de l’IA.
Cette intervention s’inscrit dans un contexte de compétition stratégique persistante avec les États-Unis. Le mois dernier, la Chine a appelé les États-Unis à ouvrir un dialogue intergouvernemental sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, signe que Pékin veut participer directement à la définition des règles plutôt que les subir.
Présent à Dalian, Mirek Dusek, directeur général du Forum économique mondial, a rappelé à l’AFP que l’IA représentait « une chance immense de faire un bond en avant ». Il a toutefois insisté sur un enjeu plus concret pour les décideurs : « Nous avons bénéficié ces derniers temps de nombreuses avancées technologiques. Mais l’impératif majeur pour les décideurs du monde entier est de savoir comment faire en sorte que cela se traduise concrètement dans l’économie réelle ».
Le message chinois est donc double. La Chine veut continuer à bénéficier du choc d’efficacité provoqué par l’intelligence artificielle, tout en faisant valoir qu’une technologie aussi puissante ne peut plus progresser sans règles communes. Dans le duel qui l’oppose aux États-Unis, la bataille porte aussi sur le pouvoir d’écrire la vision mondiale de cette nouvelle ère technologique.
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