Après plusieurs mois d’incertitude, la Chine vient d’approuver une première vague d’importations des puces graphiques NVIDIA H200, destinées aux applications avancées en intelligence artificielle. Cette décision marque un tournant stratégique pour l’écosystème technologique chinois, en quête de performances accrues pour ses infrastructures de calcul, et ce malgré un contexte géopolitique toujours très sensible autour des semi-conducteurs.
Une ouverture encadrée après des mois de blocage
Selon des sources proches du dossier, plusieurs centaines de milliers de GPU H200 ont reçu l’autorisation d’entrer sur le territoire chinois. Ces livraisons font suite à la validation par les autorités américaines, fin 2025, de ventes ciblées à certaines entreprises chinoises préalablement approuvées. Les premières allocations concerneraient principalement de grands acteurs de l’internet et du cloud (comme Alibaba), tandis que Pékin a ouvert un guichet pour de futures demandes d’importation.

Jusqu’ici, la Chine s’était montrée réticente à adopter ces composants, privilégiant des solutions nationales dans une logique de souveraineté technologique. L’approbation actuelle témoigne toutefois d’un compromis pragmatique face aux besoins croissants en puissance de calcul pour l’IA générative, l’analyse de données massives et la recherche scientifique.
Le H200, un compromis face aux restrictions sur le Blackwell B200
Le GPU H200 n’est pas le processeur le plus avancé de NVIDIA, ce rôle revenant au Blackwell B200, ce dernier restant toujours interdit d’exportation vers la Chine. Le H200 offre néanmoins des performances très supérieures aux puces précédemment autorisées, notamment le H20, et reste aussi nettement plus puissant que les solutions locales disponibles à ce jour. Malgré les progrès de fabricants nationaux comme Huawei, de nombreux experts estiment que l’écart technologique avec NVIDIA demeure significatif, notamment en matière d’efficacité énergétique, de bande passante mémoire et d’écosystème logiciel.
Cette autorisation pourrait ainsi donner un nouveau souffle aux projets chinois en intelligence artificielle, tout en illustrant les ajustements progressifs d’une industrie mondiale tiraillée entre souveraineté technologique et dépendance aux chaînes d’innovation globales.