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Valve lance sa Steam Machine à partir de 1 039 euros, mais le groupe explique ne plus pouvoir sécuriser sereinement la RAM. En cause, un marché de la mémoire vive dominé par des fournisseurs qui privilégient désormais les data centers pour l’intelligence artificielle.

À l’occasion du lancement de la Steam Machine, un PC/console hybride, Valve décrit un rapport de force devenu extrême avec les fabricants de RAM. Pierre-Loup Griffais de Valve résume brutalement la situation lors d’une interview avec Gamer Nexus : « Écoutez, il n’y a pas de contrats ». Derrière cette phrase, l’entreprise dit subir une instabilité permanente sur ses achats de composants, avec un effet direct sur ses coûts et son organisation industrielle.
Pierre-Loup Griffais détaille un système où Valve ne peut plus négocier d’accords d’approvisionnement à long terme. « Il n’y a rien. C’est comme si… ces gars-là nous donnaient un prix tous les mois ou quelque chose comme ça et nous disaient « Vous pouvez en acheter tant » et c’est oui ou non. Et si nous disons non, alors ils ne nous parlent plus jamais ». Selon Valve, ce fonctionnement empêche toute visibilité budgétaire et rend très difficile la constitution de stocks fiables.
Cette pression se répercute directement sur la Steam Machine. Affichée à 1 039 euros dans sa version de base, le produit doit composer avec des variations de prix imposées mensuellement par les fournisseurs de RAM. Valve explique aussi devoir assembler certains modèles avec une barrette de RAM de 16 Go et d’autres avec deux barrettes de RAM de 8 Go, sans impact sur les performances selon l’entreprise, simplement en fonction des arrivages disponibles.
Valve relie cette tension à un déséquilibre plus large du marché. Des fabricants comme Samsung et Micron orientent massivement leur production de mémoire vive vers les hyperscalers de l’IA, dont les data centers achètent des volumes bien plus lucratifs que l’électronique grand public. Dans certains cas, cette réallocation irait jusqu’à l’abandon pur et simple de certaines productions destinées au marché grand public.
Le problème dépasse donc le seul cas de Valve. Si même un acteur aussi installé dans le jeu sur PC, déjà derrière le Steam Deck, ne parvient plus à verrouiller ses achats de RAM, c’est tout un segment matériel qui se retrouve fragilisé. Pour la Steam Machine, le résultat est immédiat : un prix élevé, une logistique sous tension et une dépendance croissante à un marché désormais structuré par les besoins de l’intelligence artificielle.
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