Le partenariat entre SpaceX, xAI et Anthropic autour du centre de données Colossus ressemble déjà moins à un bail tranquille qu’à une location sous haute tension. Elon Musk a précisé que l’accord avec Anthropic ne constituait pas un engagement ferme sur plusieurs années, mais une location initiale de 180 jours avec une clause de résiliation mutuelle de 90 jours.
Un contrat massif, mais plus flexible qu’il n’y paraît
La nuance est importante. Dans les documents liés à l’introduction en Bourse de SpaceX, Anthropic apparaît comme un client majeur, avec un paiement pouvant atteindre 1,25 milliard de dollars par mois pour accéder à la capacité de calcul de Colossus jusqu’en mai 2029. À ce rythme, l’accord pourrait représenter plus de 40 milliards de dollars de revenus.

Mais Musk tempère cette lecture: « SpaceX ne s’est pas engagé à louer Colossus pendant des années, même si c’est possible », a-t-il écrit sur X. Il ajoute que cette durée courte était une demande de SpaceX, et non d’Anthropic.
La puissance de calcul devient un actif stratégique
Pour Anthropic, l’enjeu est d’obtenir assez de GPU et d’énergie pour soutenir la croissance de Claude, ses API et ses usages professionnels. Dans la course à l’IA générative, l’accès au calcul est devenu aussi stratégique que les modèles eux-mêmes.
Pour Musk, la situation est plus ambivalente. Louer Colossus permet de monétiser une capacité disponible avant l’IPO de SpaceX, tout en montrant aux investisseurs que l’infrastructure IA peut devenir une activité rentable. Mais le patron de xAI veut aussi préserver la possibilité de récupérer cette puissance si ses propres besoins explosent. Musk assure qu’Anthropic bénéficierait d’une « sortie raisonnable » si le calcul devenait trop rare.