Les autorités américaines marquent gros un point dans leur bataille contre le cyberespionnage chinois. Xu Zewei, un ressortissant chinois accusé d’avoir mené des intrusions informatiques pour le compte du ministère chinois de la Sécurité d’État, a été extradé d’Italie vers les États-Unis et a comparu il y a quelques heures à peine à Houston. Le ministère américain de la Justice affirme que l’individu – arrêté au mois de juillet 2025 sur le sol italien – doit répondre de neufs chefs d’accusation liés à des attaques menées entre les mois de février 2020 et juin 2021.
Des universités américaines et la faille Exchange au cœur du dossier
Selon les procureurs, Xu aurait participé à des opérations visant plusieurs universités et chercheurs américains travaillant sur les vaccins, les traitements ainsi que les tests liés au Covid-19. Le DOJ associe aussi le hacker à la campagne Hafnium, une longue séquence d’exploitation des failles de Microsoft Exchange qui a touché des milliers de systèmes dans le monde, dont de nombreuses organisations américaines. L’administration US soutient que ces opérations étaient pilotées, directement ou indirectement, par des responsables étatiques chinois à Shanghai.

Une extradition hautement politique dans un climat déjà tendu
L’extradition de Xu depuis l’Italie intervient dans un contexte géopolitique déjà très chargé autour des cyberattaques attribuées à la Chine. Pékin a dénoncé une affaire « fabriquée » par Washington et a publiquement critiqué la décision italienne. De son côté, l’avocat américain de Xu a indiqué que son client plaidait non coupable, tandis qu’un juge fédéral a ordonné son maintien en détention après sa première comparution à Houston.
Un signal fort envoyé par Washington
La gestion de cette affaire semble indiquer que les États-Unis ont à cœur de montrer leur volonté d’aller chercher, sur leur territoire ou partout ailleurs dans le monde, des suspects impliqués dans des campagnes de cyberespionnage majeures. Après des années de mises en accusation presque symboliques contre des hackers considérés alors comme « hors d’atteinte », l’arrivée de Xu sur le sol américain marque un tournant majeur… au point d’irriter Pékin.