Après plusieurs années de retard face à Nvidia et AMD, Intel commence enfin à bénéficier d’un changement de cycle dans l’intelligence artificielle. Longtemps dominée par les GPU, la vague IA évolue désormais vers des systèmes plus complexes, plus orchestrés, plus dépendants de la coordination d’un système que de la seule force brute de calcul. Et dans ce nouveau contexte, les processeurs centraux reprennent de la valeur. C’est ce basculement qu’Intel met en avant après des résultats trimestriels meilleurs que prévu et des perspectives jugées encourageantes par le marché.
Les CPU redeviennent stratégiques dans les architectures IA
Lors de sa présentation des résultats, Intel a clairement défendu l’idée d’un retour en force du CPU. Lip-Bu Tan a affirmé que « le CPU se réinstalle comme le socle indispensable de l’ère de l’IA » et qu’il joue désormais « la couche d’orchestration et le plan de contrôle critique de toute la pile IA ». Le propos n’est pas isolé : les analystes de Morgan Stanley estiment eux aussi que l’essor de l’IA agentique déplace progressivement une partie du goulet d’étranglement des GPU vers les CPU.

Autrement dit, plus les systèmes d’IA doivent raisonner, coordonner, gérer du contexte et piloter des tâches multiples, plus le rôle des processeurs généralistes redevient central. Nvidia elle-même tient aujourd’hui un discours proche, signe que cette lecture du marché commence désormais à s’imposer.
Intel capitalise enfin sur une tendance favorable
Le groupe a annoncé des revenus trimestriels de 13,58 milliards de dollars et une prévision de chiffre d’affaires pour le trimestre en cours supérieure aux attentes de Wall Street. Reuters rapporte que la demande pour les Xeon destinés aux centres de données IA a fortement soutenu cette amélioration.
Un rebond crédible, mais pas encore une revanche complète
Ce redressement ne signifie pas qu’Intel a soudainement rattrapé Nvidia dans l’IA : les GPU restent au cœur de l’entraînement des grands modèles, mais la montée des usages agentiques, l’importance croissante de l’inférence et les besoins en orchestration commencent à changer la donne. Si cette tendance se confirme, Intel pourrait alors ne plus apparaître comme le grand perdant de l’explosion de l’IA, voire comme l’un de ses bénéficiaires les plus inattendus.